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ART ET CULTURE: Balade musicale en pays Mandé avec Mariama Kouyaté, la griotte Mandingue

par La Rédaction

Mariama Kouyaté, la griotte Mandingue

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« (…) J’ai accompagné, très tôt, ma mère ou ma grand-mère. Il n’y a pas vraiment de cadre de transmission, on est né dedans. »

 

Le sang ne ment pas, dit-on souvent en Afrique! Mariama Kouyate ne fait pas exception à la règle. Héritière de la culture des Djeli ( griots Mandé), d’une voix suave et envoûtante, elle ne se prive pas de faire voyager les oreilles attentives à la Musique Mandingue. Elle est la digne héritière des familles Kouyaté et Cissokho, grandes voix mandingues allant de la Guinée, au Sénégal en passant par le Mali.

Son grand-père Sékou Kouyaté faisait partie des plus grands choristes d’Afrique et était en même temps chanteur de renom, tout comme son frère Soundioulou Cissokho. Sa grand-mère, elle, était une interprète adulée.

Avec Mariama Kouyaté, allons parcourir l’histoire musicale de ses ancêtres griots du Mandé!

Qui est Mariama Kouyaté et comment la musique est entrée dans votre vie?

Je m’appelle Mariama KOUYATE, une artiste chanteuse. Je suis née en Casamance, mais mon grand-père paternel, Jaliman Kouyaté, vient du Mali. Il est passé par la Guinée avant de venir s’installer en  Casamance, au Sénégal. Je suis griotte et je suis née dans une famille où tout le monde chante ou joue d’un instrument.

J’ai été élevé par ma grand-mère maternelle,  Aïssata Kouyaté et, dans notre maison, mon oncle, Toumani Kouyaté, avait un groupe qui s’appelait « ALLALAKÉ » et j’ai toujours insisté pour l’accompagner aux répétitions. Au début, il refusait mais comme j’insistais à chaque fois, il a fini par céder. Au début, ce n’était pas pour chanter, mais juste assister aux répétitions.

Un jour, je devais avoir 5 ans,  avec mes cousines, il nous a réuni pour nous demander de chanter, et quand j’ai commencé, il a été impressionné par ma voix et il m’a dit que je pourrai devenir chanteuse.

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Quand vous avez voulu chanter, est-ce que cela a été facilement accepté par la famille?

C’était une évidence pour toute la famille. J’ai accompagné, très tôt, ma mère ou ma grand-mère dans les baptêmes, les mariages pour chanter. Je m’entrainais avec elles à reprendre le répertoire des chansons mandingues tout le temps.

On peut dire que la famille m’a aidé à devenir celle que je suis aujourd’hui.

« Dans la famille, le chant, la kora sont omniprésents »

 

Comment se fait la transmission dans la famille Kouyate ?

Je peux dire qu’il n’y a pas vraiment de cadre de transmission, on est né dedans. 

Dans la famille, le chant, la kora sont omniprésents; c’est en nous.

Après, en grandissant, je me suis perfectionné en jouant dans des groupes, en accompagnant des artistes comme Daby Touré…

Comment a débuté la carrière professionnelle de Mariama?

J’ai commencé la musique professionnelle avec mon frère, Lamine Kouyaté, à 10 ans. Il m’amenait à Planète Café et dans d’autres endroits. J’y ai rencontré des artistes comme Yoro N’diaye, les Frères Guissé, Daby Touré, et pleins d’autres qui m’encourageaient. 

En même temps, je faisais du rap, du reggae, j’ai touché à presque tous les genres musicaux, et cela m’a permis de me perfectionner.

Par la suite, j’ai intégré le groupe de Daby Touré et je suis restée avec lui jusqu’à la sortie de mon premier album FROUKEITA en 2013.

Une nouvelle étape dans ma carrière!

 

Avec l’album FROUKEITA, le public sénégalais vous a vraiment découvert. Comment avez-vous vécu cette médiatisation?

Ce fut une véritable explosion. Le public mettait un visage sur ma musique. Les personnes me connaissaient comme choriste, mais avec le clip de “Saragnima”, ce fut une nouvelle étape dans ma vie d’artiste- interprète et chanteuse. Et cela m’a ouvert des portes, même au-delà du Sénégal et on peut dire que ma carrière a vraiment démarré avec cet album.

On peut parler aussi de carrière internationale avec cet album?

Elle a débuté avec les tournées que je faisais avec Daby Touré. Je devais avoir 17 ans. Je faisais ses premières parties dans les festivals en Espagne, Allemagne…

Mais c’est vrai que la sortie de l’album et son succès m’a permis de jouer dans beaucoup de pays. D’ailleurs, on me reprochait gentiment de ne pas être trop présente au Sénégal.

Depuis quelques années, vous vivez en France. Qu’est-ce qui a changé dans votre vie? 

C’est un grand changement. D’habitude, je ne reste dans un pays que le temps d’un concert ou d’un festival. Depuis quelques années, nous vivons sur Nantes. Ce n’est pas évident parce que tout est nouveau, mais c’est une belle ville.

Quelles sont les difficultés pour se faire un nom dans un autre pays?

Ce n’est pas évident. Il faut tout recommencer ou presque, s’adapter à la vie locale et aux contraintes. Mais nous avons de la chance. 

D’abord nous avons été bien accueilli par la famille, les amis et les sénégalais.

Ensuite, nous travaillons avec une équipe qui s’occupe de notre management, notre communication.

Et nous construisons notre réseau pour nous faire connaître et continuer à travailler, à faire ce que nous aimons: la musique.

Vous êtes femme, maman et chanteuse. Comment gérez-vous ces différentes casquettes ?

Comme toutes les femmes, j’essaie de m’organiser au mieux, de planifier les heures de répétitions, de gérer mon fils avec l’aide de mon entourage. 

C’est quoi votre dernier mot?

D’abord, je veux dire merci à toute l’équipe de FAFAMAG, de véritables femmes entreprenantes et vous souhaite pleins succès pour le magazine.

Ensuite vous donnez rendez-vous sur nos réseaux sociaux pour connaître nos dates de tournée.

Vieux Cissokho, joueur de Kora, uni à Mariama Kouyaté dans la vie et sur scène

« Elle a une voix authentique. Elle a sa propre signature vocale identifiable et ça, c’est un atout. »

 

Ils sillonnent le monde, ensemble, depuis quelques années avec leur musique.

Mariama et Vieux sont des artistes pétris de talent, un groupe de musique et un couple dans la vie.

Vieux CISSOKHO est un joueur de kora qui a sillonné beaucoup de pays dont l’Indonésie pour y jouer la musique de ses ancêtres et la faire découvrir, aussi.

Il fabrique ses kora et donne des cours aux amoureux de cet instrument mythique.

Il nous parle de MARIAMA KOUYATE…

 

Comment s’est fait la rencontre Vieux et Mariama?

Mariama, c’est ma cousine. On est de la même famille, mais je l’ai rencontrée qu’en 2010 en Casamance. Elle travaillait avec mon cousin. Nous avons discuté de monter un projet artistique ensemble, et c’est comme ça qu’a démarré l’aventure musicale: Mariama & VIEUX

 

Comment définissez-vous la voix et la musique de Mariama?

Elle a une voix authentique. Elle a sa propre signature vocale identifiable et ça, c’est un atout.

Concernant la musique, on reprend le répertoire des musiques traditionnelles mandingues. Nous composons aussi nos propres morceaux, tout en gardant notre empreinte traditionnelle. 

 

Comment ça se passe concrètement?

Franchement, ça vient naturellement. Par exemple, parfois je me mets à jouer la kora et là, tout de suite, Mariama se met à chanter. A partir de là, nous affinons la création jusqu’à avoir la chanson parfaite, si on peut dire.

 

Quels sont les projets?

On espère finaliser notre album que  nous avions stopper avec la pandémie.

Ensuite, nous avons des dates qui doivent se confirmer pour la France, l’Allemagne, pour bientôt.

Aissata Sow MERCEREAU CONSULTANTE EN COMMUNICATION PRÉSENTATRICE/ANIMATRICE/CHRONIQUEUSES MÉDIAS

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