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BIEN êTRE : COMMENT GUÉRIR LES BLESSURES DE L’ENFANCE

La question des blessures de l’enfance a été abordée dans le précédent numéro de janvier 2021 de votre magazine afin de mieux les connaître et les comprendre.

Il serait important d’apporter des solutions adéquates qui aideraient les personnes qui sont conscientes de ces blessures à s’en sortir, car il est parfois difficile de s’en libérer. Ce processus peut être plus ou moins long et douloureux. Cela dépend des capacités de chacun ou de l’intensité de la souffrance vécue.

Reconnaître que l’on souffre

 

Entreprendre le cheminement de la guérison paraît très troublant dans la mesure où la plupart d’entre nous sommes habitués à refouler nos émotions ou à les nier complètement dans le but de ne pas ressentir de la peine. Cette dernière option nous a été imposée soit par ceux qui nous ont blessés qui persistent dans la négation de l’impact de leurs actes, ou par nous-même pour passer rapidement à autre chose afin de ne pas sombrer dans le désespoir.

Dans tous les cas, force est de reconnaître que procéder de cette façon est un moyen de fuir le problème et cela ne règle rien. Ne dit-on pas que « ce qui ne s’exprime pas, s’imprime » ? Beaucoup de maladies sont psychosomatiques car nous gardons au fond de nous des choses qui nous tracassent, qui finissent par affaiblir notre système immunitaire et nous rendent malades.

 

Pour sortir du cercle vicieux qui consiste à continuer à subir ses blessures d’enfance, la première étape pourrait être de reconnaître notre souffrance car il est difficile, voire impossible de guérir de ce dont nous n’avons pas conscience. De plus, reconnaitre que l’on a été blessé est une preuve d’humilité, même si cela peut augmenter, temporairement, l’intensité de ce que nous ressentons : faire sortir ce qui a été nié pendant longtemps d’un seul coup et de se dire « oui, je souffre même si je n’y peux rien pour le moment » demande énormément de courage. C’est une manière de reconnaître ses limites.

 

Ce qui est insidieux, c’est que même si la personne qui nous faisait souffrir n’est plus en mesure de le faire, nos pensées, ruminations et perceptions de cette douleur continuent de nous tracasser.

 

Se détacher de la victimisation pour aller de l’avant

 

Il est tout aussi important de prendre ses responsabilités quant à la démarche de soigner ses blessures étant donné que les bourreaux ne feront pas le nécessaire pour que le martyr aille mieux. Cet entreprise est personnelle et nécessite de sortir au fur et à mesure de sa position de victime parce que cela donne de l’espoir et nous fait comprendre que nous avons le pouvoir de modifier nos perceptions et notre propre destinée.

 

Être responsable c’est être entreprenant, être en mesure de mener des actions pour améliorer notre situation car ce n’est pas continuer à pleurer sur notre sort qui changera les choses.

 

Une fois que la décision est prise de soigner ses blessures, vient aussi l’étape d’acceptation progressive du passé. L’idée n’est pas de cautionner ce qui est arrivé mais de se dire que même si nous ne pouvons pas changer ce que nous avons déjà subi, que nous ne comprenons pas forcément les motivations internes des personnes qui nous ont meurtris mais nous avons pris la décision d’aller de l’avant. Si nous creusons un peu, cette étape accélère la sortie du stade de victime et aide à alléger sa peine. Il est nécessaire d’y consacrer le temps suffisant, de ne pas se précipiter et passer aux autres étapes car il ne sert à rien de forcer ou de se convaincre vainement que tout va bien alors que ce n’est pas le cas. D’où l’importance de lâcher prise et de s’armer de patience malgré notre volonté de dépasser ces troubles internes.

 

Pardonner pour se libérer de ses souffrances

 

Ainsi, il devient important de rappeler de faire attention à nos accusations, jugements, blâmes envers les personnes pour qui nous pouvons encore garder du ressentiment même si à un moment donné la tentation est grande de s’y accrocher pour continuer à justifier nos malheurs : cela nous fait difficilement avancer.

 

Il est primordial, si nous voulons guérir complètement guérir nos blessures d’enfance, de pardonner à ceux qui nous ont lésés dans la mesure du possible. Nous savons tous que le pardon n’est pas automatique : il ne suffit pas de le vouloir pour y arriver forcément. Le cœur blessé peut ne pas résister à la tentation de la vengeance. Pardonner n’est pas oublier les torts subis, ni les refouler, ni rester indifférent mais plutôt se libérer de sa propre souffrance car quand on ne pardonne pas, on continue à souffrir intérieurement. Le pardon dans ce cas n’est pas pour l’agresseur mais un acte d’amour envers soi qui demande un cheminement complet.

Ne remarquons-nous pas que c’est en pardonnant que l’on arrive souvent à donner un sens aux blessures subies ? Que l’on découvre qu’elles nous ont fortifiés, à faire de nous des personnes capables de traverser des épreuves de la vie afin de grandir ?

Guérir ses blessures d’enfance est un impératif afin d’atteindre une certaine paix intérieure. Il passe comme nous l’avons vu, par l’introspection honnête, le lâcher-prise, la patience envers soi.

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