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BIEN êTRE : LES BLESSURES DE L’ENFANCE

par La Rédaction

Si nous sommes un peu attentifs, nous remarquons que tout ce qui concerne l’enfance, son évolution, ses malheurs ne sont pas considérés comme prioritaires du fait de nos idées préconçues sur l’éducation, notre caractère réfractaire au changement et à l’introspection et de la méconnaissance des avancées des neurosciences.

Pour rappel, les besoins de l’enfant ne sont pas que primaires (boire, manger, être en sécurité, avoir un toit et être vêtu.) Il a aussi besoin d’écoute, de respect, de se sentir aimé. Comment pourrait-il se respecter s’il ne l’a pas été ?

Et manifester de l’amour s’il ne recevait pas de marques d’affection et d’attention ?

Beaucoup de parents aiment sans aucun doute leur progéniture mais ne respectent pas forcément ces besoins considérés comme secondaires car l’enfant est vu comme un être dépourvu de raison ( même si leur façon de raisonner est différente de celle des adultes), et surtout de mémoire. En conséquence, ce dernier peut manifester de la turbulence excessive pour attirer l’attention et la plupart du temps il sera condamné, battu, insulté et jugé négativement, alors que le mal n’a pas été identifié ni traité comme il se doit.

Éduquer, nous le savons tous, n’est pas chose aisée. Notre tendance est,  la plupart du temps, de faire comme nos parents faisaient avec nous. D’ailleurs, c’est aussi pour cela qu’elle implique, d’une façon ou d’une autre, des tensions et en l’occurrence des blessures. Ce qui nous intéresse ici, ce sont les blessures émotionnelles qui sont plus ou moins inévitables, malheureusement.

Inévitables parce qu’au-delà du fait d’être un parent maltraitant (même si la maltraitance n’est pas son but premier), l’enfant peut se sentir blessé du fait de son interprétation d’une situation. Nous donnerons des exemples plus tard.

Ces blessures émotionnelles sont nombreuses. Nous en retiendrons les 5 principales qui sont : le rejet, l’abandon, la trahison, l’humiliation et l’injustice. Généralement, nous en avons plusieurs et parfois toutes mais à des degrés différents. Ces blessures sont le plus souvent traînées jusqu’à l’âge adulte, voire toute la vie si rien n’est fait pour les guérir. Elles constituent des filtres pour l’interprétation des situations quotidiennes de la vie et qui peuvent donc fausser cette interprétation. Par exemple, une même situation vécue par deux personnes peut être perçue différemment en fonction de leurs blessures dominantes. Elles influencent aussi nos décisions, nos états émotionnels et par conséquent beaucoup d’expériences que l’on s’attire dans la vie.

– Commençons par le rejet. L’enfant se sent rejeté par l’un de ses parents ou éducateurs. Que ce rejet soit justifié de façon objective ou pas. Ce sentiment vécu à répétition finit par convaincre cet enfant qu’il est mal aimé, voire pas aimé du tout. Par exemple, une éducation trop répressive, basée sur la violence, le manque de communication peuvent faire naître ce sentiment. Cette personne pourra grandir repliée sur elle-même, timide.

– L’abandon, quant à lui, est ressenti par un enfant qui ne se sent pas soutenu et qui pense qu’on ne s’occupe pas assez de lui. Cela peut se justifier par un parent qui, pris par ses obligations professionnelles, passe trop peu de temps avec lui ou encore ce dernier est confié à une autre personne pour s’occuper de son éducation. Cela peut engendrer la peur de la solitude, un manque d’autonomie à l’âge adulte. Ce qui explique que certains soient avides de validation sociale pour tous leurs faits et gestes.

– La trahison peut se justifier par un sentiment exacerbé de ne pouvoir compter sur ses géniteurs qui ont l’habitude de promettre monts et merveilles et qui n’ont pas tenu ces promesses. Le ressenti de l’enfant face à cette situation peut être si destructeur qu’il peut développer un manque de confiance totale envers les autres. Ce qui peut le pousser à vouloir tout contrôler pour ne pas être déçu.

– L’humiliation peut être ressentie par un enfant sujette à des moqueries de toutes sortes provenant de ses éducateurs. Dans d’autres situations, ils pourraient le corriger sévèrement en public (insultes, coups, d’autres sortes de manque de respect…) justement pour l’humilier afin de mettre fin à un comportement indésirable. Cette personne peut alors vivre en permanence avec un sentiment de honte profond et penser que son être est souillé et qu’il ne peut rien y faire.

– L’injustice quant à elle peut se justifier par le fait de vivre des situations où le parent affiche ouvertement sa préférence envers l’un de ses frères ou sœurs, ou encore quand il prend le plus souvent partie pour un membre de la fratrie, même s’il a tort. En conséquence, l’adulte qui a vécu cela dans son enfance pourrait par moment être froid, rigide.

Les blessures de l’enfance  en majeure partie causent sans qu’on ne s’en rende forcément compte le manque d’estime, de confiance et d’affirmation de soi, le vide émotionnel, l’anxiété, la dépression dans des cas sévères etc. Le rôle du parent est aussi de protéger dans la mesure du possible les croyances de ses enfants et d’établir un lien très fort avec eux afin qu’ils aient une image positive d’eux-mêmes car, quand on est profondément blessé, on a du mal à s’aimer.

Alors pourquoi ne pas épargner nos enfants en leur offrant le modèle qui est la parentalité positive qui allie fermeté, bienveillance, respect et amour ? Alors c’est à nous de choisir si nous voulons des enfants épanouis ou soumis et acceptant toute sorte d’injustice dans leur vie.

Diaba Traoré,
Coach en Estime de Soi et Hypnothérapeute

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