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CUISINE : TAJINE POULET AUX POIVRONS, OLIVES & FONIO

Ibrahima Ndoye "Iba": l'homme passionné de cuisine qui séduit les réseaux sociaux


Recette dédiée aux femmes à l'occasion du 08 mars !

 

« Dans la majorité des pays Africains la cuisine est avant tout une affaire de femmes. On entend souvent dire que la place du garçon n’est pas aux fourneaux. Une règle non écrite voudrait même que la cuisine soit l’unique pièce de la maison où les femmes ont l’autorité. Et pourtant tout le monde peut y gagner dans le fait de « masculiniser » la cuisine africaine. Ce qui créerait aussi plus d’égalité entre homme et femme.

Fort heureusement les choses sont en train de changer car les hommes Africains sont de plus en plus nombreux à s’intéresser à la cuisine et ils n’hésitent plus à se mettre aux fourneaux. C’est le cas de Ibrahima Ndoye, youtubeur culinaire qui revisite les spécialités sénégalaises. Passionné de cuisine depuis ses 12 ans, Iba brise les codes de la cuisine traditionnelle et fait redécouvrir des saveurs locales revisitées à ses 160000 abonnés. Pour cette journée du 8 Mars dédiée aux femmes, en plus de nous raconter son parcours, Iba a concocté un plat, exclusivement, pour les femmes de la diaspora. »

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Présentez-vous aux lecteurs de FaFa Mag

Bonjour aux fidèles lecteurs de FaFa Mag. C’est Iba, Ibrahima Ndoye, de mon vrai nom, créateur du blog Les Ateliers De Iba (LADI). LADI est un blog de création de contenus culinaires. Je poste, régulièrement, des vidéos et photos de recettes sur les réseaux sociaux depuis bientôt 5 ans.

 

Avez-vous suivi une formation pour être cuisinier ?

Pas du tout ! Cette question revient toujours dans les discussions avec les abonnés et quand je vais dans certains événements. Elle me fait toujours sourire. La cuisine a toujours été une activité que je faisais naturellement quand j’avais faim ou que l’ on cuisinait quelque chose qui ne me plaisait pas. Donc depuis tout petit, je regardais ma mère, mes sœurs et des tantes faire. Je les espionnais sans qu’elles le sachent. Et souvent quand il n’y a plus personne dans la cuisine, j’essayais de préparer des plats simples comme les omelettes, des beignets, des jus, des sauces aux fruits de mer.

J’étais spécialement doué pour cuisiner les fruits de mer.

 

Étant Lébou (une ethnie du Sénégal) de Ouakam et vivant pas loin de la mer, on aimait aller récupérer quelques poissons et fruits de mer au retour de nos parents pêcheurs. On les cuisinait directement sur les rochers en créant un fourneau et des ustensiles de fortune avec des pots de café vides. De plus, quand on organisait de petites fêtes avec mes amis d’enfance (korité, tabaski, réveillon), comme beaucoup d’entre nous n’avions pas forcément de quoi s’acquitter de la cotisation et qu’on voulait qu’ils soient malgré tout de la fête, je préparais les beignets et les jus et même la décoration avec de la récup’ pour économiser.

 

C’était une belle époque ! J’ai toujours continué à faire la cuisine ainsi et je pense que c’est ce qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui.

 

Comment l’idée vous est venue de lancer votre chaîne youtube et d’être influenceur sur les réseaux sociaux ?

Je travaille dans une entreprise agroalimentaire et rien ne me prédestinait à faire ce que je fais actuellement. J’ai toujours aimé cuisiner mais surtout des plats européens car c’était plus accessible en termes de contenus sur le net. Et c’est ça le véritable déclic. Je me rendais compte que les plats africains étaient peu présents. Et même si on arrive à trouver une vidéo, souvent elle était de mauvaise qualité.

Un jour en discutant avec mon ami et collègue (qui était aussi un de mes cobaye), l’idée m’est venu de lancer ma chaine et créer des tutos sur la cuisine africaine. Il faut dire que c’était un vrai challenge car je ne cuisinais que pour mon entourage direct et pour couronner le tout je ne savais ni manipuler une caméra ni faire le montage d’une vidéo. Cet ami m’a été d’une grande aide déjà parce qu’il m’a encouragé et en plus, manager IT qu’il est, m’a donné de bons conseils et supports pour démarrer.

 

On entend souvent dire que la place naturelle de l’homme sénégalais n’est pas en cuisine et pourtant vous excellez dans ce domaine ?

Ah ça oui et j’en ai fait les frais durant mon enfance. Il arrivait qu’on me surprenne chez moi en train de cuisiner ou tout simplement ma bande de copains le racontait à d’autres. Soit on disait que je finirai par avoir des attitudes de fille ou bien on me traitait carrément comme telle. Je me rappelle que même quand on jouait au foot, il suffisait que je fasse une erreur pour qu’on me balance beaucoup de méchancetés ayant trait à cette activité « réservée aux femmes ». J’ai fini par arrêter de jouer au foot mais en ayant toujours cette passion pour la cuisine. Aujourd’hui je ne le regrette pas. Je suis marié et père de 02 enfants et ces mêmes personnes sont fiers de ce que je suis arrivé à accomplir et m’envoient des messages d’encouragements. Quand je vois d’autres sénégalais « hommes » m’envoyer leur reprise de recettes de mon blog en disant que s’ils ont le courage de cuisiner c’est grâce à moi, y a de quoi être fier quand même.

 

Quel était la réaction de votre entourage à vos débuts ?

Plus jeune, quand ma mère ou mes frères et sœurs me voyaient cuisiner, ils n’étaient pas vraiment choqués car c’était une maison où on aimait bien parler de bons plats. Ce qui les surprenait par contre, c’est les plats que j’osais faire et de constater que c’était quand même mangeable. Après, mes activités sur les réseaux sociaux ils l’ont su que deux années plus tard et là j’avoue qu’ils étaient surpris… Surtout que j’avais déjà un poste à responsabilité dans une entreprise.

 

Comment vous est venue cette passion pour la cuisine ?

Je mentirais si je disais que j’étais uniquement passionné par la cuisine. J’aime cuisiner, soigner ma présentation, filmer ou prendre des photos, faire des retouches et montage et enfin le partager à d’autres et voir leurs réactions. J’ai besoin de cet ensemble pour me sentir bien en cuisine.

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Pour 3 personnes

-1 poulet entier

-1 poivron vert,

-1 poivron jaune,

-1 poivron orange,

-1 poivron vert

-3 oignons

-1 poignée d’olives vertes et noires

-5 gousses d’ail

-½ piment vert

-1 cs poivre

-1 cs sel

-2 cs 7 épices

-Quelques branches de thym et romarin

-5 cs huile d’olive

-1 botte de persil

-Jus d’½ citron

-1 poignée d’oignons grelots

-2 feuilles de laurier

-500g de fonio

Préparation

-Nettoyer le poulet et ouvrir dans le sens de la poitrine

-Préparer le « Nokoss » (mix condiments pour assaisonnement) : dans un mortier ou blender, réduire en purée l’ail, le poivre et le piment vert

-Inciser les cuisses et les blancs de poulet et farcir avec une partie du nokoss

-Mariner l’ensemble du poulet avec un peu de nokoss, sel et huile d’olive et réserver

-Découper les oignons en grosses lamelles et les poivrons en carré

-Hacher le persil finement

 

-Verser le tout dans un moule allant au four en y ajoutant les olives et oignons grelots

-Ajouter le restant du nokoss, les 7 épices, l’huile d’olive, le laurier, les branches de thym et romarin et le jus de citron

-Mélanger le tout et ajouter ½ verre d’eau

-Déposer le poulet ouvert au-dessus

-Couvrir d’un papier aluminium et mettre au four 1h30mn à 200°C

-Retirer du four et arroser le poulet du jus de cuisson

-Puis remettre au four sans le papier aluminium 20mn toujours à 200°C

-Pendant ce temps nettoyer le fonio et cuire à la vapeur ou au micro-onde

 

Vous pouvez servir votre tajine.

Bon appétit !

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