FaFaMag

Accueil VIVRECUISINE CUISINE: Un voyage en goûts et couleurs

CUISINE: Un voyage en goûts et couleurs

par Mariama Kagni

Sonia SARR, l'art du dressage culinaire

Share on facebook
Share on twitter
Share on linkedin

Nous recevons, pour ce numéro 8 de votre magazine, celle qu’on surnomme la reine du dressage. Elle a fini de conquérir les réseaux sociaux grâce à sa passion pour la cuisine. Mais pour elle, il ne s’agit pas seulement de faire de bons plats, le visuel est tout aussi important. 

Elle nous parle d’elle et de sa passion à cœur ouvert et nous offre, généreusement, une recette dont elle seule a le secret. 

Présentez-vous aux lectrices

Bonjour je me nomme Sokhna SARR. Je suis mariée et maman de jumeaux âgés de 9 ans. Diplômée d’une école de commerce, j’ai un Bachelor en Marketing et un Master en Achats et Négoce international. Je travaille, actuellement,à la centrale d’Achats du Groupe Invivo Retail (côté Jardiland pour le végétal d’intérieur) à Paris. J’habite en région parisienne.

La question que tout le monde se pose: d’où vous vient cette passion pour la cuisine?

Ma passion pour la cuisine vient d’une frustration, si je peux le dire ainsi. Étant petite fille, je voulais apprendre à cuisiner, mais ma mère me renvoyait tout le temps quand elle était en cuisine et appelait les plus âgés pour l’aider. Elle ne voulait pas m’apprendre. Pourtant elle a débuté dans la cuisine en Côte d’Ivoire, puis, au Gabon, en suivant mon père lors de ses missions. Elle a tenu des restaurants dans chacun de ses pays et son commerce marchait très bien. 

De nature tenace, je n’ai pas arrêté de m’y intéresser. La cousine de ma mère a senti que je voulais vraiment apprendre et m’a appris en cachette, au fil des mois. Le jour de mon 1er vrai repas en solo, « li Yallah di def » ( par la volonté de Dieu) ma mère est rentrée plus tôt sans prévenir. Elle nous a trouvé en train de déjeuner, et nous a rattrapés autour du bol. Dès ses premières bouchées : « Ah Ndama sa thieb bi nekh na. Sama fass bi khawna »( Ah ma puce ton déjeuner est succulent. J’ai bien fait de ne pas m’attarder en chemin.) furent ses premiers mots. Mes oncles et ma tante lui ont dit que c’était moi qui avais cuisiné. Elle était merveilleusement étonnée et n’en croyait pas un mot. 

Après cet épisode, je n’ai pas arrêté d’apprendre,  pas pour prouver cette fois-ci à ma mère que j’étais capable, à mon bas âge, de cuisiner, mais parce que cuisiner me procurait un bien fou, finalement. Aujourd’hui encore, quand elle mange un de mes plats, je vois toujours un petit sourire sur le bout de ses lèvres. 

Sonia, vous excellez, particulièrement, dans l’art du dressage culinaire. C’est venu naturellement ou bien vous avez suivi des formations?

Comme beaucoup d’entre nous, certains se sont découvert des talents cachés où une passion lors du premier confinement. Je n’aurai pas cette prétention d’affirmer que je me suis aussi découvert un talent, loin de là. J’ai juste réalisé, en faisant la déco de chez moi, que je devais aussi mieux présenter mes plats. Que le visuel, le beau, illuminent et procurent énormément de bien. En tout cas c’était ce que je ressentais après chaque idée. C’est comme ça que j’ai découvert mon amour pour la déco. Je récupère souvent les échantillons de nos fournisseurs et leur donne une seconde vie. Par exemple des pots de mini plantes vertes en zinc qui finissent en contenant pour sauces. Depuis lors j’apprends à travailler mes présentations et m’améliore de jours en jours. 

Votre groupe facebook « Voyages Culinaires avec Sonia SARR” cartonne. Qu’est ce qui vous a poussé à le créer ?

Le groupe Voyages Culinaires n’a pas été mon idée. Le premier confinement a été un élément déclencheur. C’est à cette période que les gens ont commencé à s’intéresser à ma cuisine. Il m’arrivait de recevoir des centaines de demandes d’ajouts par semaine: des « followers ». La situation commençait à me dépasser sérieusement, car je suis une personne très réservée, voire même introvertie. Et l’idée de voir que des personnes s’intéressent à ma cuisine, à la présentation de mes plats ou à ma vaisselle est une chose à laquelle je n’avais jamais pensé. Je ne pouvais pas accepter toutes ces demandes en attente pour autant. Certaines me demandaient une page Instagram, un blog où ils pouvaient retrouver mes réalisations et me suivre en dehors de Facebook. J’en ai parlé et c’est Oumou Sall qui m’a suggéré un groupe après la création de ma page « Ma passion culinaire » pour plus d’interactions. Et Ndèye Coura Sambou alias Coura Coura m’y a encouragé. Voilà comment est né le groupe Voyages Culinaires avec Sonia Sarr. Certains des admins m’ont proposé leurs aides par la suite. 

Pourquoi ce nom? Pour inciter les membres à la recherche, à la découverte d’autres saveurs afin de varier nos menus, notre alimentation, connaître les produits que nous préparons et leurs apports nutritionnels. C’est pour cette raison que nous fonctionnons par thématiques. Par exemple, les 15 jours d’«escapades culinaires » dans différents pays comme j’avais l’habitude de le faire durant le mois de Ramadan et des challenges qui est une excellente idée de Linguère Seck pour dynamiser le groupe. Comme vous pouvez le voir, ce n’est pas MON groupe, je fais juste partie des membres qui l’ont créé et le pilotent au quotidien. Je remercie au passage toutes ces belles personnes qui constituent cette famille culinaire. Je profite de cette interview pour souligner que le groupe n’a aucun but financier. Nous sommes entre passionnés et partageons des recettes, des astuces et encourageons l’entraide entre femmes. 

Avez-vous envisagé de faire de la cuisine votre métier?

Je suis acheteuse de formation et j’aime évoluer dans cet univers professionnel pour l’instant. La cuisine est une passion et il faut plus qu’une passion pour en faire un métier. Mais qui sait, je peux un jour me réveiller, tourner le dos aux bureaux et m’inscrire dans une école de cuisine et faire de ma passion culinaire un vrai métier. Dieu seul sait! Pour l’instant je vis ma passion. D’ailleurs ma grande sœur travaille actuellement sur mon Blog mapassion-culinaire.com qui sera finalisé d’ici la fin de l’année probablement, si Dieu le veut.

J’essaie également d’être présente sur Instagram comme on me le suggère, mais c’est nouveau tout ça pour moi. 

Quel est votre type de cuisine préféré?

Ceux qui me suivent savent que j’ai une préférence pour la cuisine Maghrébine comme un de mes fils. L’aliment que j’aime le moins cuisiné est l’artichaut. 

Votre message pour les femmes africaines de la diaspora

Le message que je souhaite donner à mes sœurs de la Diaspora c’est une meilleure intégration dans nos pays d’adoption respectif. Et quand je dis intégration, c’est la maîtrise de la langue, connaître comment fonctionne le système, vos droits, vos devoirs, la culture, les habitudes alimentaires, etc.  

L’autre message que je voulais lancer à mes sœurs, c’est de vous battre pour avoir votre indépendance financière, il n’y pas de sous métier. Soyez réaliste et ambitieuse dans tout ce que vous entreprenez. Je vous invite à inculquer vos valeurs et votre foi à vos enfants, d’essayer d’être souple et de combiner les deux cultures. N’oublions pas que notre vraie réussite, c’est le devenir de nos enfants. Donc, faisons de notre mieux pour leur éducation.

 

Recette

J’ai choisi cette recette pour faire honneur à une grande sœur, Fatou Bintou Male, qui m’a fait découvrir ce plat lors d’un séjour linguistique à Londres.

Alors ce plat, c’est du riz blanc  mélangé avec une sauce à base d’épices que vous pouvez accompagner avec de la viande grillée. J’ai accompagné le « Ninakatang bougniou Bombeu » ( Riz blanc revisité) avec des coquelets à l’orange grillés au BBQ.

Ingrédients :

Coquelets, poulet ou côtelettes, selon votre choix

2 oranges (extraire le jus)

2 feuilles de Laurier 

Thym

Nokoss (Piment/Ail/Poivre/Sel)

 

@Riz blanc / Niankatang

Riz long

Eau

Sel

@Boulettes de viandes

Viande hachée 

Vinaigre

Farine 

1 œuf

Bain d’huile

Persil plat

Piment oiseau

Condiment  Piment/Ail/Poivre/Sel

 

@Sauce pour le Bombeu

Poudre 7 épices 

Oignons blancs 

Curcuma 

Coriandre 

Persil plat

Beurre mou

Huile

Piment vert

Condiment Piment/Ail/Poivre/Sel

 

1 petit oignon 

Poivrons tricolore

Process de la préparation :

 

  1. Cuisez votre riz et réservez. 

 

  1. Préparez une bonne quantité de condiment composé d’ail, de piment, du poivre que vous divisez en 3 parties. 

 

  1. Nettoyez et Préparez vos coquelets. Mariner les avec la 1ère partie du condiment dans lequel vous ajoutez du gingembre frais. Faites des incisions que vous remplissez de cette farce. 

 

  1. Ensuite déposez les dans un plat allant au four. Ajoutez le jus des 2 oranges, ajoutez une feuille de laurier et du thym, un peu du condiment et mettez-les au four 30mn à 180 degrés, mode tournant. Arrosez de temps en temps. Après ce premier passage, poursuivez la cuisson au BBQ avec un mixte charbon et bois et rajoutez des épices spéciales Barbecue, si vous le souhaitez. 

 

  1. Faites une farce avec la viande hachée, l’œuf, un peu de farine, la 2eme partie du condiment, du persil haché, du vinaigre et un filet d’huile. Mélangez et façonnez de mini boulettes de viande. Faites-les cuire dans un bain d’huile et réservez-les. 

 

  1. Dans une poêle, faites revenir l’oignon et les poivrons coupés en lamelles avec un filet d’huile et réservez. Cette partie est facultative. Je l’ai rajouté pour donner plus de couleurs au riz.

 

  1. Ajoutez à la troisième partie du condiment qui reste un demi bouquet de coriandre, quelques feuilles de persil, les oignons blancs, la poudre 7 épices, le curcuma. Si vous le souhaitez, vous pouvez ajouter de la cardamome ou de la muscade. Mixez le tout. Récupérez la même poêle, rajoutez du beurre et un peu d’huile d’olive et versez-y cette mixture. Remuez environ 7 minutes, ajoutez un demi verre d’eau et laissez cuire à feu doux. Rajoutez les boulettes de viande par la suite. Continuez la cuisson quelques instants, rectifiez la cuisson et éteignez le feu. 

J’ai décidé de ne pas rajouter des crevettes comme sur la recette de base.

 

  1. Nous passons au stade qui donne le nom à notre plat du jour. Vous l’aurez compris c’est la phase du « Bombeu ». C’est presque pareil comme pour le thiéré de la Tamkharite. 

 

  1. Alors vous allez récupérer le riz, versez la sauce avec les boulettes de viande par-dessus et mélangez jusqu’à l’obtention d’un mélange homogène. 

 

Et passez au dressage du plat avec quelques olives noires, des trèfles de coriandre etc.

Mariama Kagny MICHAUD

Related Articles

Laisser un commentaire