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EDITO: A TOUS CES CENSEURS DU VIDE QUI GUILLOTINENT SUR LE NET

par La Rédaction

Du chemin, il nous reste, forcément, à en faire, ne serait-ce que pour mieux prendre du recul face aux événements. Juger, matraquer, faire de ses états d’âme et émotions sa guidance au point d’être censeur de tout et n’importe quoi. Peu importe si l’on est habilité ou non à en débattre, sur les réseaux sociaux on assiste à un linchage de personnes sans raison ou pour des raisons non avouées.

La bataille se joue, désormais, sur le terrain de l’affect ou sur celui d’une fausse solidarité pour clouer au pilori ceux qui oseraient ne pas penser comme nous ou qui n’émettraient, ne serait-ce, qu’une opinion que nos coutumes, traditions ou interprétations, souvent erronée de notre religion, ne reconnaissent pas, pour qu’un conglomérat de censeurs se hissent á la tribune en donneurs de leçons invétérés qu’il serait salutaire de ne pas contredire

On passe de héros à paria en un battement de cils sans aucun argumentaire qui tienne la route. Loin de défendre dans le vide, Mouhamed Mbougar Sarr, le Goncourt de cette année, aura fait les choux gras d’une certaine forme de pensée qui juge sans pièces à conviction et qui condamne ou lapide sur un coup de tête et sur des rumeurs répétées, revues et corrigées. Un condensé de « on dit » sortis des bas-fonds de cerveaux prompt à défendre l’indéfendable, à maquiller, tant qu’il reste maître de leur pseudo vérité.

De l’huile, il en jette sur le feu à longueur d’événements. Et le meurtre de ses trois enfants, suivi du suicide du docteur Falla Paye, à Dakar, ce weekend, ne fait que conforter cette machine des accusations et contre-accusations, en l’absence d’élèments fiables que ne sauraient  mettre en lumière qu’une enquête minutieuse. 

On crie déjà au scandale et à la guillotine de cette mère de famille réduit,  par une seule version, á la mauvaise épouse, oubliant qu’en l’espace de quelques heures elle a tout perdu, tout ce qui donnait sens á sa vie et qu’on a jugé qu’elle ne méritait tout simplement pas d’avoir. Mais qui sommes nous, en fin de compte, pour juger les gens et décider qui doit être puni et qui d’autre épargner? Personne! 

Nos enfants doivent-ils être le réceptacle de nos échecs, des sources de vengeance sacrifiées sur l’autel de nos déceptions amoureuses et des situations que l’on ne maîtrise pas où plus? Non, non et non!  Il ne saurait y avoir, sans risque de tomber aussi dans ce chaudron des censeurs, un brin de justification à l’abomination. Sur ce point, au moins, on peut espérer tomber d’accord!

LA RÉDACTION

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