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ENTRE NOUS: NA FATOUMATA SY & KAMIS - Au service du plaisir des papilles et des couples

Pour ce mois de la femme, fafamag est allé à la rencontre de deux femmes qui dédient leur temps aux plaisirs des papilles et ceux plus coquins qui nourrissent la vie des couples.

 

Kamiss fait du plaisir au sein des couples sa marque de fabrique. En plus d’être une vendeuse de produits aphrodisiaques et autres, elle donne des conseils aux femmes à titre bénévole.

Spécialiste des plantes aphrodisiaques africaines (vétiver, etc) et des produits aphrodisiaques européens tels que les huiles de massage, les lubrifiants et les jeux coquins, elle a à son actif également la vente de produits de séductions (bine-bine, petits pagnes, encens, etc) et de crèmes faits maison.

 

Nâ Fatoumata Sy, elle, est pâtissière et traiteur au Burkina-Faso. Reine du cake design et des gâteaux personnalisés, elle a été l’une des premières à le faire dans ce pays. Elle fait également traiteur pour des évènements de tout genre.

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Kamiss : je vends des produits aphrodisiaques africains européens( huile de massage , lubrifiants etc et des plantes).

Mon but premier c’est d’aider toutes les femmes à s’épanouir sexuellement notamment celles de ma communauté qui on subit des choses horribles (excision, attouchements viol..) ou ont des blocages dans leur vie de couple, ou bien qui tout simplement ont besoin d écoute et/ou des conseils. Du coup, je propose gratuitement et selon mes connaissances et capacités des séances d ‘écoute, de conseils à titre bénévole. Je suis quelqu’un de très accessible, joviale et sais mettre les sœurs à l’aise.

 

Pouvez-vous nous parler de votre parcours?

 

F.S: Je suis Na Fatoumata Sy, fondatrice de Cake Palace : le royaume des douceurs. Je suis une Cake designer autodidacte, née à Bobo Dioulasso au Burkina Faso.

J’ai grandi à Dakar, au Sénégal. En 2001 avec mes parents, nous sommes rentrés définitivement au Burkina.

Après mon baccalauréat scientifique série D obtenu avec la mention Assez Bien, je suis retournée à Dakar pour des études de management à l’ institut Supérieur de Management ISM Dakar.

Après deux années d’études, j’ ai intégré l’ESC Rouen( École Supérieure de Commerce de Rouen) pour une troisième année en double diplôme en Business International Management, puis un Master Grande École en Finance d’entreprise.

Master au cours duquel, j’ai effectué un semestre d’ études très enrichissant à Montréal.

 

K :Je me nomme Kamiss, c’est le diminutif de mon nom de famille. J’ai 35 ans.

Je suis mariée, j’ai 5 enfants et je suis titulaire d’un BEP carrières sanitaires et sociales. J’ai été pendant pas mal d’années maman au foyer par choix pour pouvoir être auprès de ma famille.

 

D’où vous est venue l’idée de monter ce projet?

 

F.S: Je suis passionnée de cuisine et de pâtisserie. Pendant mon séjour à Montréal, j’ai découvert une autre facette de la pâtisserie : les gâteaux personnalisés.

Je me suis donc exercée. je confectionnais des gâteaux pour les anniversaires des proches et des amis, pour le plaisir. Au départ c’ était juste par passion. A

près le master, je suis rentrée m’installer au Burkina Faso. Je voulais travailler dans une entreprise de la place, acquérir de l’expérience et enfin créer mon entreprise. Mais les réalités du terrain étaient tout autres. Après des mois de recherche d’emploi, j’ai fait une étude de marché pour créer mon entreprise. Je me suis rendu compte que le domaine de la pâtisserie n’était pas très développé.

De ce fait, je me suis lancée sur le marché vierge des gâteaux personnalisés, les gâteaux à thème.Je fais également traiteur pour tous types de cérémonie (mariages, baptême,…) Avec mes frères, nous avons créé ma page facebook Cake Palace : le royaume des douceurs et c’est de là que tout est parti depuis le 29 septembre 2013.

 

K: Étant l’aînée d’une famille nombreuse, lorsque je me suis mariée très jeune par choix, je ne savais pas grand-chose de la manière de tenir un foyer, comment gérer sa vie de femmes surtout. Je me suis renseignée sur les plantes, et conversé avec des sœurs plus âgées que moi, et me suis documentée. J’étais aussi dans plusieurs groupes de femmes sur les réseaux où l’on discutait et échangeait sur tout ce qui concerne la femme: mariage, couple, éducation, coquinerie, ect.

Je me suis retrouvée à avoir une capacité d’écoute. Les sœurs venaient tout naturellement se confier à moi pour que je les conseille. Petit à petit, les proches m’ont encouragée à évoluer dans ce domaine en me lançant dans la vente des produits aphrodisiaques et les plantes.

J’ai commencé à vendre les produits que je connaissais et petit à petit, j’ai commencé à faire les encens et les crèmes moi-même.

Les produits que je vends sont toujours testés par moi-même et mes amies proches (team Kamiss), avant d’être mis en vente.

Quels ont été les obstacles rencontrées lors de l’élaboration du projet?

F.S: Les obstacles sont l’accessibilité à la matière première nécessaire pour la confection des décorations. Et aussi à la connexion internet qui réduit la visibilité de l’entreprise.

K: Les principaux obstacles, pour moi, ont été la formation pour les réseaux sociaux,et les papiers administratifs.

Quels sont les endroits incontournables au Burkina Faso?

F.S: Comme sites touristiques, nous avons, par exemple, les cascades de banfora, les Caïmans sacrés de Sabou, de bazoulé, les poissons sacrés de Dafra, les sculptures en granit de laongo, la réserve de Nazinga, les dômes de Fabédougou, la mare aux hippopotames, la cour royale de Tiébélé, les ruines de Loropéni inscrites dans la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2009.

Il y a aussi des espaces de loisirs comme celui du rond point de kossodo à Ouagadougou qui est l’espace Guimbi et bien-sûr la pâtisserie Cake Palace : le royaume des douceurs.

Certains hôtels à Loumbila, Koubri, Bobo Dioulasso, Koudougou et d’autres villes offrent d’excellents cadres de détente. Par ailleurs, il existe beaucoup d’endroits riches en histoire comme le musée national, le monument des martyrs, la place de révolution, la statue de Thomas Sankara etc…

Quand on vous dit entrepreneuriat féminin, à quoi pensez-vous ?

F.S: Quand on me dit entrepreneuriat féminin, je pense à l’audace, le courage l’émancipation de la femme, le girl power, l’amélioration de la qualité de vie de la femme.

 

K: L’entrepreneuriat au féminin, c’est très bien, que ce soit une PME ou une grande entreprise. Il faut aimer ce que l’on fait, c’est primordial, aussi se fixer des objectifs et tout faire pour les atteindre

Il ne faut pas s’oublier, ni soi ni sa famille. La priorité reste la famille.

 

Que signifie être Jongué ( ) pour vous?

 

K: Être jongué, pour moi, c’est en soi, c’est un savoir-être, un savoir vivre. Mais on peut apprendre à le devenir, car on en apprend tous les jours.

L’hygiène intime, c’est la base et aussi avoir des belles nuisettes, des petits pagnes ,de la belle lingerie , des bine-bine, faire un mix avec les huiles de massage, les produits aphrodisiaques européens. L’indispensable aussi ce sont les plantes de chez nous comme le khamaré évidemment.

 

La Covid 19 a-t-elle eu un impact sur votre activité? Si oui, comment y remédiez-vous?

 

F.S: La pandémie de Covid 19 a eu un grand impact sur mon activité. Avec le confinement, l’ interdiction des regroupements, tout était à l’ arrêt pendant quelques mois. Il y a une légère amélioration avec la reprise des activités dans le monde.

On respecte les mesures barrières pour se protéger.

 

K: Ça n’a pas été simple, notamment le premier confinement. Comme on était dans le flou, je n’avais pas de solutions. Je m’étais complètement arrêtée. Je m’étais recentrée sur moi et ma famille, ça m’a permis de redéfinir mes objectifs, de me réinventer en quelque sorte. Comme j’étais bien épuisée, je me suis également bien reposée. J’ai commencé à travailler sur d’autres produits que moi même je fabrique.

J’ai pu élaborer un nouveau plan d’attaque.

Je suis basée en région parisienne en France. J’effectue des envois par la poste ou des remises en main propre. Je me déplace également pour des réunions entre femmes, les enterrements de vie de jeunes filles, etc

 

C’est le mois de la femme. Quel message avez-vous pour elles?

 

F.S: Je dirai aux femmes de prendre leur destin en main, de toujours se battre pour travailler, créer leurs entreprises, garder leur dignité. Car une femme indépendante est une femme épanouie, libre. C’est une femme qui a son mot à dire et qui est considérée dans la société.

 

K: Je dirai aux femmes de ne pas s’oublier. L’essentiel, c’est d’être épanouie. Si tu échoues, il faut se relever. Pour ma part, j’ai eu des échecs, des bâtons dans les roues, mais je me suis relevée. L’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Il faut se battre pour avoir ce que l’on veut.

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