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IMMOBILIER: Financer un achat immobilier au Sénégal (Partie 1)

par La Rédaction

La spéculation immobilière au Sénégal est telle que les prix deviennent vertigineux aussi bien dans le foncier que dans la promotion immobilière. Lorsque l’on a enfin trouvé la maison de ses rêves ou le terrain idéal pour y construire sa future maison, se pose le problème du financement de l’achat. L’achat immobilier est un investissement lourd et, très souvent, l’investissement d’une vie. Il est donc nécessaire d’analyser sa situation financière avant de s’engager dans un processus d’achat. Déterminer un budget vous permettra d’identifier plus facilement les biens immobiliers à votre portée. Pour cela, il est nécessaire de prendre en compte l’apport personnel dont vous disposez, vos revenus et votre capacité d’endettement qui ne doit pas dépasser le tiers des revenus et les possibilités que vous offrent les banques dans le cadre des offres de crédits immobiliers.
A ce stade, Il est important de se rapprocher d’un professionnel afin qu’il vous aide à déterminer votre situation en terme d’investissement.

Constituer un apport

Votre épargne est votre alliée dans la mesure où chaque émigré aspire à avoir un toit. Le pouvoir d’achat est certes élevé, mais il faut prendre en compte les charges relatives à une vie familiale en Europe.  Ce qui fait que tous les hommes et femmes émigrés vous diront que l’épargne est difficile car les charges auxquelles ils font face ne sont pas seulement celles du pays où ils vivent, mais, souvent aussi, celles des familles restées au pays. Épargner devient alors  une prouesse au regard de toutes les sollicitations auxquelles il faut faire face.

Mais l’acte d’épargner doit s’inscrire en chacun comme un impératif. Quelque soit la somme mise de côté de façon régulière, dans le long terme, celle-ci sera toujours un apport intéressant dans un projet d’achat.

Trouver un financement bancaire

Beaucoup de personnes  se posent la question à savoir si leur banque, dans leur pays de résidence, serait prête à leur octroyer un crédit immobilier dans le cadre d’une acquisition au Sénégal, donc hors du pays d’accueil. Le mécanisme même du crédit immobilier rend cette opération presque impossible. La banque demande toujours des garanties comme une hypothèque qui lui permet de se protéger en cas de défaillance de l’emprunteur, c’est-à-dire de faire vendre le bien financé pour récupérer les sommes prêtées. Ce qui, vous l’aurez compris, est difficile sur un bien à l’étranger.

Accompagnement des banques sénégalaises aux sénégalais de la diaspora

Les banques qui proposent des prêts immobiliers le font, souvent, pour une durée relativement courte (7 à 15 ans en moyenne) et à des taux élevés (entre 7 et jusqu’à 9%).

Les clients que nous rencontrons, régulièrement, nous font part de leur désarroi quant à trouver un crédit immobilier susceptible de prendre en compte leurs revenus et charges réelles dans leur pays d’accueil. La grande majorité préfère donc recourir à des prêts à la consommation sur place que de souscrire à un crédit immobilier dans une banque sénégalaise. Ce qui génère un manque à gagner considérable pour les banques locales au profit des banques européennes. Néanmoins les acteurs bancaires commencent à proposer des offres ciblées et plus adaptées au besoin des populations vivant et travaillant hors du Sénégal.

Le crédit bancaire peut se renouveler et nos institutions bancaires doivent, désormais, créer une sorte de « statut Diaspora » et proposer des solutions sur mesure : l’ouverture d’un compte avec la gratuité des frais de tenue de compte, la mise à disposition d’une carte bancaire internationale, d’un accès à la Banque Digitale, d’une épargne logement permettant de financer toutes formes de projets immobiliers avec la gratuité des virements reçus de l’étranger.

Beaucoup d’élites des milieux financiers et mêmes politiques pensent qu’il est opportun de créer une véritable banque d’investissement pour la Diaspora. Ce ne serait pas une coquetterie mais un réel instrument bancaire qui travaillerait avec tous les acteurs (les clients particuliers, les promoteurs, les autorités locales, les entreprises…). Sa mission première serait la mise en place d’un fonds de garantie. Ce fonds de garantie pourrait être financé par les transferts d’argent via Western union, Moneygram, ect, si à chaque transfert une somme symbolique lui était allouée. Ce fonds de garantie Diaspora assurerait aux émigrés un accès facile aux crédits des banques commerciales pour le financement de leurs projets, mais surtout l’octroi de crédits immobiliers pour financer leur acquisition de logements. Chacune des parties y trouverait donc son compte.

Sortir des sentiers battus

Notre conviction est que l’innovation en matière de financement immobilier peut passer par les femmes que nous sommes,  via un mécanisme traditionnel africain et que nous connaissons et maîtrisons mieux que tout : la tontine.  La mécanique fondamentale de la tontine est simple et redoutablement efficace. Les membres constituent une cagnotte avec les moyens financiers dont ils disposent et la confie à un tontinier ou à une tontinière qui joue le rôle de tiers de confiance. Chaque contributeur pourra ensuite recevoir à tour de rôle – et/ou par tirage au sort – tout ou partie de l’argent collecté. Cette forme d’entraide, culturellement ancrée dans les pratiques communautaires africaines, constitue de fait un mode de financement participatif. Il s’agit donc de créer une cagnotte immobilière qui permet de financer un apport pour un crédit immobilier,  voire de financer un projet immobilier, directement. Ce canal de financement serait juste à réinventer et peut séduire une plus grande majorité de la diaspora qui peut désormais investir directement et en toute transparence dans des projets immobiliers de leur pays d’origine.

Fatoumata DIOP LO
AFSI INTERNATIONAL

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