FaFaMag

Accueil CULTUREART & CULTURE Interview: Fatou Jupiter Touré

Interview: Fatou Jupiter Touré

par La Rédaction

« Je me sens chanceuse de pouvoir aborder différentes figures de femmes à travers ces séries. ».

Fatou Jupiter Touré arbore plusieurs casquettes. Comédienne, actrice, réalisatrice, productrice, la chouchou du petit écran est fondatrice des Téranga Movies Awards (TMA), une cérémonie qui sacre pour la première fois au Sénégal les acteurs et qui ambitionne de devenir une académie du cinéma et de l’audiovisuel au Sénégal. Rencontre  avec cette amoureuse éperdue de son pays le Sénégal et de l’Afrique.

Vous faites partie de ceux qui font le succès du  cinéma sénégalais et même africain à travers des rôles dans  des séries  comme “C’est la vie”, “Golden”, “Jiggen”, “Yellow pepper”, etc. Comment appréciez-vous de l’intérieur les séries et ce qu’elles racontent ?

Je me sens chanceuse de pouvoir aborder différentes figures de femmes à travers ces séries. J’ai accepté chacun de ces rôles pour l’histoire racontée et ce n’est jamais facile de prendre du recul par rapport à soi, mais je dirais que les séries dans lesquelles j’ai joué jusqu’ici sont tous engagées socialement et c’est l’un des premiers critères pour moi. Le cinéma est forcément militant pour moi, ma formation cinématographique était autour de la communication sociale et cela vous suit forcément.

Parlant du cinéma, de l’audiovisuel, le Sénégal semble renaître en ce moment. Cela serait-il dû au fait qu’on parle enfin de nos réalités ou est-ce parce qu’on s’est lassé des télénovelas ?

Je pense que c’est dans l’ordre naturel des choses et c’est tant mieux. Après avoir beaucoup consommé les autres cultures à travers les images, il est totalement légitime de se tourner à un moment donné vers soi-même. Je trouve que nous vivons de ce point de vue un moment historique, et c’est juste magique de voir à quelle vitesse les contenus s’améliorent à chaque nouvelle production.

« Les rôles dans lesquels j’ai joué jusqu’ici sont tous engagés socialement. Le cinéma est forcément militant pour moi »

Comprenez-vous le succès et l’impact que ces séries ont,même au delà de nos frontières ?

Je pense que c’est lié à l’authenticité des histoires qui montrent un Sénégal de notre propre point de vue, que les autres ne connaissent pas forcément et aussi à l’effort technique à tous points de vue.


PARCOURS : Téranga Movies Awards

FATOU JUPITER TOURE DANS Téranga Movies Awards

« La position de la femme est aussi une question vieille comme le monde; elle évolue à chaque époque. Donc, quand le cinéma s’en empare… »

Il y a eu des polémiques sur certaines séries surtout concernant la position de la femme dans nos sociétés. Vous en pensez quoi ?

Les polémiques et le cinéma sont liés. Je crois qu’il y en aura toujours. La position de la femme est aussi une question vieille comme le monde; elle évolue à chaque époque. Donc, quand le cinéma s’en empare, c’est tout à fait normal que cela fasse débat, et c’est tant mieux d’amener la société à se questionner.

Dans ces séries, on parle beaucoup de la  condition des femmes, de leur rôle, de leurs différentes facettes. Qu’est ce qui explique ce besoin d’explorer la vie des femmes?

Mais parce que nous les femmes sommes au début et à la fin de toute chose! Que serait la vie sans les mères, épouses, sœurs etc?  Il faut aussi noter une évolution palpable de la femme sénégalaise qui se voit, forcément, à l’écran. Et, comme beaucoup d’histoires sont écrites par des hommes, quoi de plus normal que les sujets portent sur leur autre moitié! (rires)

Vous êtes à l’initiative des “Téranga Movies Awards”, parlez-nous de cet événement ? Ses objectifs?  

Téranga Movies Awards, cérémonie de récom-pense du cinéma et de l’audiovisuel du Sénégal, de l’Afrique et de la Diaspora est portée par l’association Cinéma 221 et son objectif est de

participer à la professionnalisation du secteur, de proposer des évènements de qualité et participer à la promotion de la culture et de la destination Sénégal.

La première édition s’est déroulée l’année dernière en 2019 avec un réel engouement. A quand la prochaine ? Envisagez-vous d’y faire participer la diaspora qui reste un allié sûr de ces productions ?

La deuxième édition était prévue en avril, mais la pandémie du Coronavirus nous a fait repousser la date jusqu’à ce que la situation soit plus stable. Mais laissez-moi vous dire que la Diaspora fait partie intégrante des Téranga Movies Awards. 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait se lancer dans le métier d’acteur ? 

De se former, il n’y a pas de secret, jouer c’est un peu comme un sport individuel qui devient collectif sur un plateau.

Vous êtes actrice, scénariste, productrice, réalisatrice, entrepreneure, entre autres, comment vous faîtes pour gérer toutes ces facettes?  

Je considère que le temps est précieux et que chaque jour est une chance de mieux faire.  C’est   ma motivation quotidienne.

Quel rôle a été le plus dur à jouer ?

Assitan dans “C’est la vie” est surement mon rôle le plus challenging. Je préfère ce terme à difficile. Un rôle de « gentil » à l’air simple, mais il faut beaucoup y travailler pour ne pas finir par être ennuyant. Ma plus grande peur quand on m’a proposé ce rôle c’était justement çà, mais  on a eu un coach génial, l’acteur Emil Abossolo Mbo qui m’a conseillé de jouer ce dont j’avais peur et ensuite d’essayer différentes versions. Mais jusqu’à aujourd’hui je reste toujours vigilante sur çà. Pour moi on ne maîtrise jamais un rôle, il faut toujours laisser la place à l’imprévu pour que le personnage soit crédible.

Quels sont vos projets actuellement ?

Téranga Movies Awards et espérer que nous pourrons bientôt offrir aux cinéphiles les suites des séries qu’ils attendent.

Un mot pour les sénégalais-es de l’extérieur qui sont de très grands fans. 

Merci infiniment pour les marques d’affection, les encouragements, les prières. C’est un soutien inestimable qui me permet de tenir dans les moments difficiles. Prenez soin de vous et portez fièrement le drapeau du Sénégal où que vous soyiez.

Aïssata Sow Mercereau

Related Articles

Laisser un commentaire