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INTERVIEW Kadia Sall se confie sur sa vie, sa carrière d’actrice, ses combats, ses succès et ses échecs.

Kadia Sall

Boule d’énergie à la beauté angélique, elle est une touche à tout ! Déterminée et sûre de ses choix de vie, Kadia Sall alias Aby Diallo ne lésine sur aucun moyen pour atteindre ses objectifs. Jeune, belle et pétillante de charme, la tête d’affiche de la série à succès Dérapages est une femme hyper active aux multiples casquettes. Model, thérapeute, coiffeuse, actrice, la cheffe d’entreprise qui est à la tête du complexe Duchesse Garden, entrepreneure convaincue dans l’âme, revient avec Fafa Mag sur sa vie fait de défis, de challenge, de combat, ses échecs, mais également ses nombreux succès et pose un regard critique sur la société. Sans langue de bois !

Pouvez-vous revenir sur votre parcours scolaire et professionnel ?

Il n’y a rien de spécial.  C’est un parcours  normal. J’ai eu mon baccalauréat série L. Ensuite je me suis inscrite à l’Etsos pour suivre une formation en commerce international.  A la fin de cette formation, j’ai fait du stylisme au complexe Sadya. Après deux ans de formation, j’ai ouvert mon agence de casting ; ce qui m’a propulsée au rang de directrice de production, directrice artistique. Après cela, je me suis inscrite pour une formation plus complète  dans le domaine de l’esthétique et de la cosmétologie ; ce qui fait qu’aujourd’hui, j’ai pu ouvrir un spa, un complexe où je travaille. En parallèle, je suis actrice.

 

Vous avez créé votre entreprise de casting deux ans seulement après votre bac. Qu’est-ce qui vous a motivé à entreprendre aussi jeune ? Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées? 

 

Quand j’ai commencé le mannequinat, j’avais 22 ans. Je n’étais certes pas vieille, mais je n’étais pas aussi toute jeune. J’étais assez lucide et responsable. J’ai beaucoup voyagé et parmi ces voyages, un en Allemagne m’a ouvert les yeux sur ce qu’était le casting qui n’avait rien à voir avec ce que je voyais à Dakar.. 

En Allemagne, on nous demandait de venir en jean et débardeur, le plus simple possible, sans maquillage et avec les cheveux naturels. Alors qu’ici, on se pouponne trop, on se prend trop au sérieux. On se présentait comme si c’était un grand évènement et on n’arrivait donc pas à avoir le vrai profil de la personne. Alors dès que je suis revenue, la première chose à laquelle j’ai pensé, c’est qu’il fallait faire quelque chose. C’est comme ça que j’ai ouvert cette agence, Kajoli casting, qui a pris très tôt son envol. En ce moment, il n’y avait qu’une seule agence de casting. Après j’ai été au rang des meilleures agences de casting  à Dakar. Cela m’a permis d’avoir de gros marchés.

Ce n’était pas risqué de créer l’agence. C’était juste une opportunité qui s’est offerte à moi. Si difficulté il y avait, c’était liée seulement à mon sexe, au fait que je sois une femme et effectivement il y en a qui m’ont bien montré que j’étais une femme. Le fait que je sois jeune aussi était une difficulté puisqu’il fallait toujours convaincre. 


Vous étiez jeune, vous n’aviez trouvé qu’une agence en vous installant alors qu’il y avait déjà des gens qui étaient dans le milieu avant vous, qui n’y avaient pas pensé ou n’avaient pas les moyens de créer leur agence. Comment avez-vous été accueilli dans le milieu de la mode de l’époque ?



Ça a été très bien accueilli, d’une part, mais d’autre part, il y a eu quand même quelques aléas. Au fait, je me disais que comme je suis mannequin et que je connaissais beaucoup de personnalités, cela aller être simple, que j’allais avoir les meilleurs mannequins dans ma boîte et tout.  Et je me suis rendu  compte qu’avec la jalousie ce n’était pas possible parce que toutes mes collègues avaient refusé de venir faire le casting chez moi, dans la mesure où elle se disait que je n’avais rien de plus qu’elles, que j’étais mannequin comme elles et que,  par conséquent, je ne pouvais être leur directrice de casting. C’est vrai que j’en ai eu quelques-unes, mais très peu. Il n’y avait peut-être que celles qui me fréquentaient le plus.  Les autres, elles se prenaient pour des stars et donc elles se disaient qu’elles ne feraient pas de casting parce qu’elles étaient déjà connues de tous. Je travaillais avec des blancs, et ces personnes ne connaissaient pas forcément les mannequins qui évoluent ici.  Et quand je leur expliquais cela, elles n’arrivaient pas à comprendre. 

Et puis l’autre difficulté, c’était que j’étais directrice de casting  ce qui ne voulait pas dire que c’était moi qui choisissait  l’acteur, le model ou le mannequin qui devait  faire telle ou telle autre mission. Je proposais des profils et c’était le client  qui devait  choisir. Je me suis faite beaucoup d’ennemis parce que certaines personnes pensaient que je ne voulais pas les choisir. Moi,  ce que j’avais fait au début en ouvrant ma boite, c’était des castings sauvages.  J’allais dans la rue, je voyais des profils que je trouvais intéressants  et je leur donnais ma carte de visite et si elles ou ils étaient intéressés, ils passaient  à l’agence. Je les prenais en photos, je prenais leurs mensurations. Je prenais des informations les concernant pour pouvoir les présenter à mes clients. Mon agence s’appelait Kajoli casting. C’est devenu par la suite Kajoli Production puis Kproduction.  L’aventure a durée 9 ans et durant tout ce temps, j’étais au top. J’ai dû arrêter juste parce que je n’étais plus là et que les clients quand  ils ne me voyaient pas ne préféraient pas faire de commandes.


Comment vous organisez-vous pour le travail?

Alors pour avoir des clients, il a fallu que je fasse des monts et merveilles.  Je n’étais pas véhiculé donc je me suis déplacée tout le temps en taxi. Je partais  au marché, dans les boutiques ou n’importe où je pouvais trouver du monde  et je lançais  mes flyers pour dire qu’il y avait un casting. Donc, tous les lundis et mercredis, je faisais des castings chez moi. Les samedis et dimanches, j’étais dans la rue. Je pouvais mettre une chaise et une table à la Médina et mes deux sœurs m’aidaient à faire les interviews.  Je prenais le plus d’informations, le plus de profils possible et je les mettais  dans ma base de données. Après, je faisais des sélections, des pré-castings. J’avais des bébés, des jeunes ados, des adultes, des jeunes, des vieux etc. Et j’essayais surtout d’avoir de la diversité. J’avais des marocains, des français, des africains qui venaient de partout. J’avais des sénégalais en majorité. J’ai essayé d’avoir tous  types de sénégalais, du plus beau au plus vilain, du plus clair au plus foncé et ainsi de suite. 

On n’avait pas cette culture du casting au début. Quand on devait faire un casting, on pensait qu’il fallait forcément être jolie. Moi, j’ai eu des expériences où j’ai été refusée dans des castings parce que j’étais trop belle pour le rôle.  J’avais  jamais compris cela parce que je me disais que le cinéma  est capable  de nous changer. Pourquoi nous dire qu’on est trop jolie pour un rôle alors qu’avec le maquillage, avec le stylisme, on pouvait tout faire. Mais c’est vrai que si on a déjà la base, c’est plus facile et donc, c’est comme ça que j’ai dû travailler. J’ai fait du porte à porte aussi. Je suis allée voir les agences, leur proposer ma base de données, les presses book que j’avais, leur parler et essayer surtout de les convaincre parce que tout simplement quand on est jeune, femme et mannequin c’est compliqué, car, généralement, dans la tête des gens, les mannequins  ne réfléchissent  pas. Et donc, il fallait les convaincre que j’étais capable de diriger un casting. Quand je faisais un appel à casting, je réussissais à avoir 300 à 500 personnes et ce n’était pas facile. Je n’avais pas encore de bureau en tant que tel. J’avais aménagé chez moi pour pouvoir faire mes castings. J’avais aménagé une grande terrasse où je mettais des chaises et j’y recevais les gens. J’avais deux à trois personnes qui m’aidaient  pour l’organisation. En tout, j’avais cinq personnes comme salariés que je devais payer tous les mois  et à qui je devais donner  des commissions pour chaque mission.

En tant que jeune et femme, qu’est-ce que vous pensez avoir apporté de plus  au milieu du mannequinat ?

Je ne pense pas avoir amené quelque chose de novateur parce que ça a toujours existé partout.   Je peux dire, par contre, que j’ai aidé, quelque part, à ce qu’on ressemble un peu plus à ce  qu’on appelle casting ailleurs. Il n’y avait pas, par exemple, de mannequins de grande taille alors que dans ma structure, je tenais à les avoir. Quand une personne venait  faire son casting, je ne prenais pas que  son côté physique. J’essayais de connaître ses atouts, que  ce soit dans sa pensée ou sa posture ou autre.  Je regardais dans les détails. Quelqu’un, par exemple, pouvait ne rien avoir de spécial quand on le voyait de prime abord et par la suite,  on se rend compte que pour une pub pour les boucles d’oreilles, il pouvait le faire parce qu’il avait de belles oreilles. Et donc, je prenais les oreilles, je les mettais en exergue et c’est cela que je présentais au client pour faire une pub pour des bijoux. Un autre sa sera ses mains, une autre  le nez et ainsi de suite. Ça me permettait de montrer, pour ma part, que ce n’est pas un ensemble qui fait un mannequin. Un mannequin peut être dans les détails. Quelqu’un peut être choisi  juste pour ses dents, un autre juste pour ses lèvres et c’est cela qui  manquait dans les castings, chez nous et que j’ai réussi à instaurer. Aussi, j’ai apporté mon savoir-faire parce que j’ai quand même fait des défilés. J’ai appris à marcher comme un mannequin, à m’exprimer avec mon corps et je donnais des cours de bienséance, de marche et d’expressions corporelles aux mannequins que je formais.

Et vous comment êtes vous devenue mannequin ? Avez-vous justement été repéré ou avez-vous fait des castings? Quels sont les grands noms pour qui vous avez défilé ?

C’est Moussa Sy, un organisateur de chez feu Moise Ambroise Gomis, qui m’a repéré  à l’école pour me faire participer à l’élection Miss  Rufisque. Juste avant, j’avais une proposition d’Ibrahima Diédhiou qui était à la Rts et qui m’avait parlé d’une élection de miss scolaire où il fallait représenter son école et tout le département de Rufisque. J’étais à Rufisque à l’époque. Il fallait avoir une certaine culture générale pour pouvoir se présenter à cette élection. Donc, les deux propositions sont arrivées en même temps et cela m’a juste donné le courage de participer. Je me suis dit, si ce n’est pas juste histoire de s’exhiber, pourquoi pas.  Je me suis arrêté à l’élection miss Rufisque et cela m’a permis de faire partie de Harmonie, l’agence de feu Ambroise Gomis. 

Ensuite, j’ai été repéré par les stylistes. J’ai fait Sira Vision où il y avait  les stylistes Pathé’O, Alphadi et pas mal de monde qui  y participait. Et tous les mannequins ont eut  l’occasion de défiler pour x ou y ; ce qui m’a permis de défiler donc pour pas mal de monde. J’ai défilé également pour Oumou Sy pour la Simod et pour les défilés qu’elle avait à l’extérieur, en Allemagne, plus particulièrement. J’ai  fait le festival panafricain en Algérie où j’ai rencontré  pas mal d’autres stylistes avec qui j’ai travaillé. 

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées sur les podiums ?

Les difficultés que j’ai eues dans ce milieu étaient plus d’ordre personnel. Je me trouvais trop petite par rapport à la majorité. Je mesure 1m73 alors que les filles sénégalaises sont très grandes. Quand on partait à l’étranger d’ailleurs, je faisais partie des tailles normales. 

Ensuite, l’autre difficulté c’était qu’il fallait coûte que coûte respecter sa silhouette, rester intact, ne pas trop bouger, ne pas changer sa forme ; ce qui est très difficile dans la mesure où, ici, on ne mange que du pain, du riz, des pâtes. Donc, il fallait avoir une vie saine, faire du sport, bien manger alors que les cachets n’étaient pas si importants que ça.  Et même quand on arrivait à faire des défilés, lors des cocktails, on n’était pas  programmé. Pendant que les gens mangeaient, on était sur le podium. On faisait tout pour participer à des castings, mais on n’avait pas les moyens qu’il fallait. Au tout début, je touchais 50 milles francs CFA. C’est après que j’ai changé mes cachets. Je me disais que ce n’était pas possible et j’ai commencé à être payé 200 milles francs CFA. Mais  sachant comment on vit au Sénégal où on utilise l’argent très facilement et surtout pour les autres,  cette somme partait vite.  C’est ce qui m’a le plus découragée et c’est pour cela que j’ai fini par arrêter. 

Les mannequins ont une réputation assez sulfureuse, même si les mentalités changent de nos jours.  Vous, on ne vous connaît pas de scandales. Vous êtes plutôt posée et calme. Comment avez-vous réussi à imposer une telle personnalité ?

J’ai toujours pensé que le problème, ce n’était pas le métier. Partout où l’on va on trouvera des brebis galeuses, des gens bien et d’autres qui ne le sont pas. Dans ma génération, j’avais connu tellement de mannequins qui n’avaient pas de réputations sulfureuses comme vous le dites. On était plus de 500 cent mannequins. On ne va pas dire que toutes ces personnes étaient louables,  forcément. Il pouvait y avoir un à deux qui avaient des comportements qu’on pourrait qualifier de non désirés. Maintenant de pouvoir avoir cette discrétion à mon niveau, ce n’était pas forcément planifié. C’est juste que j’ai une vie et je tenais à ce qu’elle soit respectée. Je continuais à faire des formations, à m’occuper de ma maison, à respecter mes parents, mais à me respecter d’abord ; ce qui faisait que je n’avais pas de temps pour autre chose.

Après, je comprends qu’on puisse dire des choses sur des personnes parce qu’elles sont connues. Comme on dit, la célébrité n’est pas de tout repos. 

Vous disiez être partie en Allemagne. Était-ce dans le cadre du travail ou y êtes vous allé pour tenter votre chance ?

Pour tous  les voyages que j’ai cité, je n’ai pas fait plus de deux semaines. Je faisais des allers-retours.  Je suis une personne qui pense que si elle doit réussir, ce devrait être dans son pays. Donc, je ne suis jamais partie essayer autre chose ailleurs parce que je pense que je peux faire tout ce que je veux dans mon pays. C’est juste que quelques fois, on a des opportunités qui nous viennent d’ailleurs et on les saisit. Mais de nature, je suis une personne qui n’a jamais planifié ses voyages. 

Sous un autre registre, comment passe-t-on de modèle à actrice ? 

Cela s’est fait naturellement. J’ai fait plus de publicités que de défilés. Je faisais beaucoup de casting pour les pubs. Je n’ai jamais eu la chance d’être choisi par casting, mais comme j’avais fait un shooting avec Stéphane Tourné, on m’avait mis à la Une du magazine Icône dirigé par Mansour Dieng, à l’époque. Et il y a eu pas mal de gens qui étaient intéressés par mon profil pour la publicité. Donc, j’ai eu à faire une soixantaine d’affiches dans tous les domaines : alimentaires, véhicules, etc. Le plus visible, c’était Sénégal Airlines et c’était presque au moment où j’avais décidé de me retirer de ce milieu. Cela avait permis à beaucoup d’agences d’avoir mon profil dans leurs bases de données et  c’est comme cela que Abdou Lahat Wone (ndlr le producteur de Dérapages) m’a connu. Il avait monté un clip de Awadi dans lequel j’ai joué et il a eu l’habitude de me voir dans des pubs, et c’est comme ça qu’il m’a contacté.  Je n’ai pas forcément fait de casting pour Dérapages, mais on peut dire que c’est un casting sauvage dans la mesure où il avait déjà en tête qui j’étais avant de me contacter. Après, c’est vrai que ce n’était pas ma première production. J’ai eu à faire des courts et des longs métrages. 

Quels sont les films dans lesquels vous avez joué ? 

J’ai eu à faire une série qui s’appelle Salon de coiffure avec feu Lamine Mbengue. J’ai arrêté à un moment donné parce que cela ne me rapportait rien, si ce n’est peut être de la visibilité, mais financièrement, ce n’était pas ça. L’organisation n’était pas terrible. On se fatiguait trop. On passait des jours là-bas pour faire deux à trois séquences et je ne comprenais pas. Cela me prenait trop de temps pour rien et donc, j’ai décidé d’arrêter. Ensuite, j’ai fait Les folies de Bijou avec Lamine Sow, mais pareil. Il y avait des problèmes d’organisation. Parfois on tournait une à deux semaines et après on s’arrêtait longtemps avant qu’on nous rappelle pour recommencer les tournages.  On n’était  pas payé à temps et je me suis dit que ce n’était pas ce que je voulais donc, j’ai arrêté. J’ai aussi fait Chez nous aussi qui était censé être un long  projet de cinq saisons, mais, finalement, on a fait qu’un pilote et ça n’a pas abouti. Puis j’ai fait Au cœur pur, c’est un long métrage qui est passé au centre culturel français et dans d’autres salles. Au moins, j’ai terminé cette production. Après cela, j’ai fait Kénéne, un court métrage qui a gagné un prix au Fespaco 2017. Par la suite, j’ai joué dans Palantère Mbed qui continue de remporter des prix. J’ai aussi fait Mbeubeuss, terreau de l’espoir avec Nicolas Cissé et bien d’autres productions. Dérapages, c’est la production qui m’a fait connaître au public sénégalais. 

Avant de jouer dans Dérapages, vous étiez installée au Ghana. Pouvez-vous revenir sur cet épisode ghanéen?

Mon passage au Ghana, c’était juste sur un coup de tête. Je venais de sortir d’une grossesse qui ne s’était pas bien passée. J’ai été opérée, je voulais juste des vacances. Je me suis dit que comme je connaissais déjà les pays européen, il fallait que je découvre l’Afrique, bien vrai que je connaissais déjà la Côte d’Ivoire. J’y vais souvent d’ailleurs. Mais le Ghana, pour moi, était une découverte et c’était prévu que j’y fasse un à deux mois, pas plus. Mais arrivé là-bas, les opportunités se sont présentées et je les ai saisis. J’ai pu travailler et gagner de grosses commissions là-bas. J’ai remarqué que côté esthétique, ils étaient plus avancés que chez nous et j’avais vraiment envie de finir ma formation en cosmétologie et en esthétique et c’est pour cela que finalement je m’y suis installé pour la finir. De fil en aiguille, comme les affaires marchaient, j’ai ouvert un salon de coiffure puis un petit showroom où je faisais des accessoires décoratifs.

A vous entendre, vous êtes une personne qui aime relever les défis. Vous bougez tout le temps.  Comment arrivez-vous à concilier votre vie de famille avec tous ces défis à relever ?

Je suis une personne qui pense et qui croit, foncièrement, que la vie de couple repose sur la communication.  Je crois en l’amour, mais ça se construit également. Si on est avec une personne, on doit le  mettre dans tous nos projets et vis-versa. C’est toujours comme ça que nous avons vécu. Mon mari m’accompagne dans mon travail, je l’accompagne dans le sien. Je suis un de ses consultants et cela nous permet, lorsqu’il y a des voyages à faire pour l’un, que l’autre puisse l’accompagner. C’est pour ça que partout où j’allais, j’étais avec lui.

Vous êtes la tête d’affiche de Dérapages. Pourquoi avoir accepté de jouer le rôle d’Aby Diallo ? Quels sont les défis liés à ce rôle ?

Le défi, pour moi, c’était d’abord de revenir chez moi (rires). Le Sénégal commençait à me manquer. J’étais habitué à aller et venir, pas à rester sur place.  L’autre défi, c’était que j’étais restée absente longtemps du milieu et que j’avais envie d’un projet qui me permette de faire un beau retour. Quand j’ai lu la bible de Dérapages, je me suis trouvé des similitudes avec Aby Diallo et j’aime bien quand le cinéma défend des causes. Et dans ce rôle, je sens une femme entrepreneure, dévouée avec une forte personnalité, qui a une vision des valeurs  qui ressemble à la mienne. C’est un rôle qui me convient bien dans la mesure où je n’ai pas besoin de sur-jouer.  Une partie de cette femme, c’est moi.

L’autre côté que j’aime  bien chez Aby Diallo, c’est sa façon de valoriser le made in Sénégal. C’est une femme qui semble être hyper moderne, hyper ouverte au monde, mais qui reste enracinée. C’est une femme qui croit en sa culture. On le voit dans sa façon de s’habiller, de se coiffer. Elle reste  classe, propre et imposante dans son accoutrement, sans pour autant aller chercher loin. Elle valorise le travail des talents qu’on a chez nous. Ce rôle me ramène aussi à ma première passion qui est la mode.

Et cette méfiance envers les hommes, est-ce vous aussi ?

Aujourd’hui, j’arrive à faire la part des choses. J’arrive à ne pas mettre tout le monde dans la même casserole. Avant, j’étais Aby Diallo. Pendant longtemps, je me suis méfiée des hommes, quasiment de tous les hommes, mais il est arrivé un moment de ma vie où je me suis rendue compte que, vraiment, il y avait des exceptions. Et fort heureusement, ces exceptions là font de moi la femme que je suis devenue, aujourd’hui. Si je m’étais arrêté à cette femme méfiante que j’étais, je ne pense pas que j’aurais fait ce parcours.

Justement, on reproche aux séries ce manque de subtilité qui fait que parfois, il y a des scènes assez crues. Comment  voyez-vous  toute cette polémique autour de la  vulgarité dans les séries sénégalaises ?  

Ce que vous appelez vulgarité, je pense que c’est une politique que certaines maisons de production  ont fait comme choix pour  vendre leurs produits. On sait aussi qu’on est dans une société où les gens aiment parler pour parler. Si cette vulgarité ne les intéressait pas, ils auraient tout simplement zappés. Le sénégalais est habitué à regarder des productions venues d’ailleurs sans être choqué, mais du moment que c’est  fait au Sénégal, ça commence à choquer.  Il est très difficile de faire ce métier avec toutes ces barrières. Peut-être que si un sénégalais jouait un rôle qualifié « vulgaire »  et qu’il le jouait  dans une production américaine ou occidentale, il se pourrait que personne ne soit choqué. Mais il faut qu’on prenne compte de l’audience, des heures de diffusion et du fait qu’on suive ces séries en famille avec les enfants. Il est donc important de mettre beaucoup de subtilité si on veut vendre un produit comme ça et surtout pour ne pas choquer l’audience. Mais en même temps, je ne veux pas  cracher sur le travail des autres sachant tous les progrès qu’on cherche à faire. 

Le fait que les moyens ne soient pas là, que ça soit dur à réaliser, que la concurrence soit rude parce que les séries ont pris leur envol, tout le monde a envie de se placer, d’avoir envie de faire le buzz.  Et je pense que c’est pour cela qu’elles cherchent à choquer, mais  on sait en âme et conscience que dans une production, il ne peut rien se passer de malsain. Mais c’est vrai que tout le monde ne peut pas avoir la même sensibilité ni la même subtilité. Seulement, il y a des points si on veut les toucher, on choque,  forcément.

Seriez-vous prête à jouer n’importe quel rôle qu’on vous propose ?

Pour ma part, il y a rôle et rôle. J’ai dû refuser plusieurs productions  avant Dérapages, avant même celles que j’ai citées. Il y a eu de grosses productions qui venaient d’Europe et des Etats-Unis  et qui m’ont  proposé des rôles que j’ai refusé non pas parce que je n’étais pas capable de les jouer, mais j’ai tenu compte de la société dans laquelle je vis. Je sais que je ne manquerai jamais de respect à un acteur parce qu’il a joué tel ou tel autre rôle parce que tout ce qu’on joue dans les séries existent dans la vraie vie. 

Dans Palantère Mbed, je suis une femme qui fait beaucoup d’exhibitionnisme. Elle essaie de faire fantasmer son voisin, mais c’est fait de manière subtile et c’est pour ça que ça ne m’a pas choqué de le jouer. Tout comme quand j’ai fait Kénéne, il y avait tellement de scènes qui pouvaient choquer, mais il y avait une simulation assez évidente et c’est pour cela que je n’ai pas eu du mal à jouer. Être acteur aussi, je pense que c’est pouvoir se dévêtir de son habit de tous les jours pour en porter un autre. 

Vous parliez de la manière de s’habiller et de se coiffer d’Aby Diallo qui dégage une certaine particularité. Quel message avez vous voulu faire passer à travers cette posture qui s’éloigne nettement du superficiel ?

C’est un clin d’œil à la femme africaine pour montrer qu’elle est belle étant sobre et naturelle. C’est aussi un support  pour nos  créateurs, les talents qu’on a chez nous. Partout où l’on va aujourd’hui, les gens valorisent ce qu’ils ont chez eux. Quand on va au Nigeria ou au Ghana, on voit que lors des grands événements, ils sont toujours habillés traditionnellement. Ici, on a l’habitude  de voir que dès qu’on est une personne importante, on porte du Chanel, Gucci, Dior, etc. Alors qu’on peut faire de nos créateurs des Chanel, des Dior d’Afrique. On peut les valoriser, faire de sorte que leurs créations puissent aller ailleurs à l’international, faire en sorte que ce domaine qu’est le stylisme, la couture, le design, la mode de chez nous puisse être exportés. On importe trop de chez les autres. Donc comment faire évoluer ce secteur si nous qui véhiculons les messages, on ne les valorise pas. Si par exemple,  à chaque fois que le Président de la République a une rencontre, il se met en tenue traditionnelle, je pense que les personnes qui l’aiment et le suivent feront de même. Si un Youssou Ndour faisait pareil en achetant chez nous au lieu d’aller ailleurs, avoir un styliste ici plutôt qu’ailleurs. Je cite des noms mais ce n’est pas pour blesser. Mais ce sont des personnes influentes qui peuvent véhiculer ce message.  

Si aujourd’hui j’arrive à  porter une voix, j’aimerai que ce soit une voix qui aide la jeunesse  de mon pays à aller de l’avant. Si on voit que tout le temps, les gens prennent la pirogue pour aller ailleurs,  c’est qu’on leur fait croire qu’ailleurs c’est mieux. C’est à nous de faire en sorte que la population voit ce qu’on a comme richesse et aide à ce que cette richesse se fructifie. On arrive à avoir de beaux vêtements, de beaux accessoires, des chaussures, des sacs, des montres. On arrive à faire tout ce que l’on veut, mais le malheur est qu’on n’a personne pour nous aider à industrialiser cela, à le faire évoluer en ayant la technologie qu’il faut. 

Pour ce qui est de la coiffure, tout le monde est en perruque ou greffage. Ces cheveux viennent d’ailleurs et on les achète de manière explosive  et à des prix chers. Ça a diminué le travail des salons  de coiffure. Nous avons des sociétés qui  fabriquent les mèches qui sont ici et qui emploient des sénégalais. Pourquoi ne pas valoriser ce qu’elles font. Sur ce plan, j’adore Aby Diallo. Kadia, malheureusement, n’est pas toujours en tenue traditionnelle ou  en made in Sénégal.

Comment voyez vous la place de la femme dans le cinéma africain, en général, et celui sénégalais particulièrement ? Les femmes ont-elles les mêmes chances que les hommes ? 

La place de la femme dans le cinéma africain a toujours  été là. Il est difficile de faire un produit sans faire intervenir les femmes. Partout, dans la vie de tous les jours, la femme est primordiale.  Le cinéma, c’est pareil. Si on veut faire un produit complet, il faut le faire de manière très proche de la réalité et la femme a toujours eu sa place là-dedans. Si c’est pour les cachets ou le respect, c’est au niveau personnel que cela se joue parce qu’il y a des actrices qui sont prêtes à tout pour un rôle, pour être vues pendant que d’autres le font parce que c’est un gagne pain.  Pour ma part, je sais que toutes les productions ne vont pas travailler avec moi  parce que, justement, je cherche quelque chose dans ce milieu qui n’est pas forcément lié à l’argent.  Pour moi, le cinéma est un tremplin pour défendre certaines causes qui concerne la femme en général parce que dans notre société, il y a trop de non-dits, trop d’injustice, trop d’inégalité et le fait de dénoncer ces choses là via un personnage femme peut aider à faire évoluer la société.

Justement, comment voyez-vous le combat  des femmes pour leur émancipation dans notre société ?

A travers Dérapages, on arrive à soulever pas mal  de problématiques. Par exemple, on voit la vie de maman Matel qui était obligée  de survivre dans un couple pour pouvoir éduquer ses enfants et leur donner ce dont elles avaient besoin. On a également soulevé le problème des belles-mères avec leurs belles filles, notamment à travers la figure de Yaye Fatou qui n’arrive pas à gérer son ménage parce que sa belle-famille ne la laisse pas en paix.  Et c’est comme ça dans pas mal de productions. On a soulevé tellement de thématiques autour de la vie des femmes de nos jours. Dans Mœurs, par exemple, on voit une femme traumatisée par sa belle-mère  qui voulait qu’elle ait coûte que coûte un enfant alors que le problème venait de son fils. C’est toujours  des choses qui arrivent dans la vie de tous les jours et qu’il est important de soulever  dans les productions justement.

Nous sommes sur le bon chemin dans la mesure où maintenant, ce sont les femmes qui entreprennent le plus en ce moment.  Elles ont compris leur essence dans cette société  et les hommes aussi l’ont comprise. Maintenant les femmes  peuvent être dans  le gouvernement, elles peuvent être mécanos, maçons. On a plus de barrières comme il fut un temps. Il est assez rare de voir, actuellement, un métier exclusivement réservé aux hommes. La tendance change et ce sont les hommes qui font des métiers qui étaient dits métiers de femme comme maquilleuse, coiffeuse. Dans le mannequinat, les hommes n’ont plus ce blocage comme avant quand on pensait qu’un mannequin homme était forcément homo. Avant on prenait des femmes de ménages, aujourd’hui il y a des boys qui font la vaisselle, lavent le linge, font le ménage, le repassage, tout. C’est comme ça. Le monde évolue.

En ce mois de la femme, quel combat pensez-vous qu’il reste à mener pour lui garantir plus d’avancée?

Le 8 mars est une journée que je fête doublement parce que c’est aussi mon anniversaire.  Une journée donc qu’on nous a consacré nous les femmes, j’ai entendu dernièrement qu’il en avait un aussi pour les hommes. Je pense que s’il y a des choses à combattre  pour faire évoluer la femme ca serait selon les spécificité de chaque  société.  Le combat ne sera pas forcément dans un domaine  professionnel, mais dans celui privé et personnel.  C’est dans les familles qu’on trouve le plus de problèmes.  C’est cette manière de penser qui veut coûte que coûte que la femme soit l’élément majeur dans l’éducation des enfants.  Il ne faut pas oublier que l’enfant a été conçu à deux et que l’autre à, forcément, son mot à dire et sa pierre à tailler. Il y a beaucoup d’hommes aujourd’hui qui sont pères au foyer et qui s’occupent très bien de leurs enfants  et qui le gère bien.  

Si on parle de salaires, il y a énormément de femmes dans ce pays qui  touchent plus que leur homme. Et c’est un problème qui n’en est presque plus un.  Il faut montrer que le problème n’a rien avoir avec le sexe ni le genre. Ce n’est pas parce qu’on est une femme qu’on doit être payé moins  ni moins respecté. Il est bon d’avoir notre journée, mais qu’on ait cette journée de la femme ne veut pas forcément dire qu’on a un combat à mener. Il y aura toujours des combats à mener.  

Avez-vous d’autres projets en dehors de Dérapages ?

Pour mes projets au cinéma, je ne planifie rien. Je me donne, certes, les moyens pour avoir ce que je veux dans ma vie, mais je vis au jour le jour.  Je crois en Dieu, en la vie, au futur. Je fais de mon maximum pour avoir un bel avenir. Les projets dépendent de leur contenu pour que je les accepte ou pas. J’ai eu pas mal de demandes  depuis la première saison, quand ils m’ont revus sur la scène. Presque toutes  les productions m’ont contacté, mais je suis du genre à vouloir véhiculer des messages dans mes projets, à vouloir  mener des combats. Pour le moment, sincèrement, je ne compte me donner à une autre production. Déjà que c’est éreintant de gérer mon complexe, mais je suis obligé de respecter le contrat que j’ai avec Abdou Lahat  Wone pour Dérapages. Donc, si ce sont   des productions de séries, ça peut être très fatiguant parce qu’il faut une certaine disponibilité pour pouvoir le faire ; ce qui veut dire que j’abandonnerai peut-être Duchesse ou que je négligerai une partie de Duchesse et je ne suis pas prête pour ça. Duchesse, ça ne fait que sept mois. Je l’ai ouvert à un moment critique avec la Covid 19, donc ça demande une certaine constance. Pour le moment, je préfère me consacrer à ces deux projets. Par contre, si on me propose un court ou un long métrage et que le rôle pour moi vaut le coût, je dirai oui. 

Comment vous définissez-vous dans la vie de tous les jours? Et comment arrive-t-on à concilier la carrière de chef d’entreprise, le rôle de mère de famille et le boulot d’actrice ?

Je me définis comme une femme hyper active.  C’est un problème parce qu’on a que 24 heures pour tout faire dans la journée. J’aurais voulu qu’on ait 48 heures, même si je sais que ça serait pareil. Mais j’aime ça. Je suis une personne qui n’aime pas rester à ne rien faire.  Il me faut bouger, évoluer, faire des choses. Il me faut être utile. Je suis une personne qui aime se rendre utile. Quand  je vois une situation à laquelle je ne peux rien faire, ça me désole, tout simplement. Et donc, je suis une femme ambitieuse, qui aime se battre, une femme qui, quand elle tombe, ne pense pas que c’est finit, mais pense à comment faire pour se relever. J’aime relever les  challenges. D’ailleurs, quand je commence quelque chose, j’y vais avec tellement de passion car je ne suis jamais satisfaite.  Je suis déterminée et très passionnée.

Tout est une question d’organisation et je suis une personne très organisée parce que je suis une maniaque. C’est une maladie, mais je me soigne (rires). Je ne range plus les brins d’allumettes dans la boîte comme j’avais l’habitude de faire  parce qu’il y a des choses qu’il faut laisser aller.  

Duchesse Garden en est à ses débuts. C’est comme quand on vient d’accoucher, je m’en occupe comme d’un bébé. J’arrive à mettre ma pierre à l’édifice. J’ai employé des personnes que je continue à former pour leur faire comprendre ma philosophie pour que Duchesse soit un jour ce que je rêve d’en faire parce que, pour l’instant, ce n’est pas le cas, même si je reçois beaucoup d’avis positif. Toutes les personnes qui y sont passées sont sorties satisfaites. Sur Google, on est toujours noté 5 étoiles. Je voulais en faire une place prestigieuse, prémium et c’est ce que ça va être. Ça l’est déjà pour certains, mais comme je suis jamais satisfaite, je n’ai pas encore fini d’en faire ce que je voulais. J’ai toujours de l’espace à exploiter. J’ai également envie d’en faire une chaîne  afin qu’elle puisse exister non seulement dans toutes les régions du Sénégal, mais aussi  dans le continent africain et pourquoi pas dans le monde entier. Je veux que Duchesse me permette de défendre certaines idéaux. Il y a certes la crise dû à la pandémie, mais ça ne me freine pas et je suis même contente quand je vois le chiffre d’affaires  que j’arrive à faire en ces temps de Covid sans compter le problème actuel avec les spa (Ndlr : affaire Ousmane Sonko/ Adji Sarr). On a un  combat à mener pour faire connaître la profession.  Pour moi, c’est le moment d’assainir ce métier parce qu’en un moment donné tout le monde ouvrait des spa, sans vraiment connaître le métier, faire des recherches ou se former.  

Quelles sont les prestations que vous proposez à vos clients ?

Nous sommes sur trois niveaux. En beauté, on fait salon de coiffure hommes et femmes. Les parties sont séparées. On a aussi un salon de coiffure dans lequel on peut avoir pédicure et manucure, donc beauté des ongles  et des mains. Après, on a tout ce qui est thérapie, soins du visage, soins du corps, massage. On a des messages thérapeutiques  comme le massage chinois, thaïlandais, indien. Après on a un massage suédois, californien  et le fameux relaxant. On dit fameux parce que ça se fait partout (rires). Moi, en matière de massage, je suis atypique  parce qu’au Sénégal, il n’y a pas beaucoup de salons de massage qui font dans les massages asiatiques, s’ils ne sont pas fait par des asiatiques.   Et donc, j’ai toujours eu cette base de leur massage traditionnel, accompagné du massage thérapeutique. Ce qui fait que quand on arrive dans mon complexe, on  voit tout de suite la différence entre ce qu’on fait ailleurs et ce que je fais.  Et pour moi c’est cela ma signature. Après, on a le hammam, le sauna et un business room qui sont prévus à un autre niveau. 

J’avais une équipe  de 15 personnes au début et ça me revenait hyper chère.  Donc quand la crise a commencé, j’ai senti qu’ économiquement, si je voulais respecter mes employés, il fallait soit diminuer le salaire, soit diminuer le personnel. Mais sachant que le travail n’est pas évident, que quelquefois ils viennent  de très loin, j’ai décidé de diminuer le personnel et je suis passé de 15 à 10 employés.  Cela ne me fait pas plaisir, mais je me dis que bientôt, quand tout ira mieux, je pourrai les recruter à nouveau. 

Quel est le message que vous délivrez aux femmes de la diaspora et aux lecteurs-rices de FaFa Mag ?

Mon message pour la Diaspora, c’est de leur dire de revenir s’ils peuvent, sinon d’envoyer des sous pour investir. Il faut qu’on fasse de nos pays des destinations favorites. Le Sénégal comme l’Afrique ne manque pas de ressources, mais on a des problèmes pour transformer nos matières premières. Donc aidez nous à évoluer. On n’en a besoin. Je souhaite à tout le monde une bonne santé car sans elle on ne peut rien faire. Croyez en vous, croyons en nous, au future ! L’Afrique a toujours été le berceau de l’humanité. On y a toujours puisé pour faire quelque chose ailleurs. Il est temps que l’Afrique se lève.



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