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LA CHARGE MENTALE OU LE TRAVAIL «INVISIBLE»

Quand lever le pied devient un impératif d’épanouissement

Penser encore et toujours! Être en perpétuel veille comme un ordinateur! Se voir investi, tacitement, de la rude mission de tout organiser; le tout à la perfection et sans aucune aide! Voilà le dénominateur commun à toutes les femmes  obligées d’allier charges physiques et mentales pour que tout puisse fonctionner dans la maison.  Un trop plein d’activités psychiques  désignées sous le vocable de charge mentale  qui peut avoir de fâcheuses conséquences lorsque les signaux rouges ne sont pas détectés et prises en charge très tôt.

Femme active et mère ! Que l’on soit femme au foyer ou  qu’on ait une vie professionnelle, lorsqu’on est obligé, par tradition ou par délégation, de tout prendre sur soi pour la bonne marche du domicile, ce couple super actif  conduit souvent à  une charge mentale. 

 

Être aux aguets et devoir penser à tout, se considérer comme investie de la bonne marche et de la satisfaction des besoins de tous les membres du foyer. Voilà la lourde tâche dévolue aux femmes. Il faut de ce fait se rendre disponible tout le temps et ne rien oublier sous prétexte que ce rôle, qui demande beaucoup d’énergie, leur incombe. Être obligé de tout superviser, faire les courses, cuisiner, chercher les enfants, en plus de ses activités personnelles. Des tâches domestiques en plus des tâches parentales et des activités personnelles qui sont souvent sacrifiées pour que tout puisse marcher comme sur des roulettes.  Il en découle ainsi pour les  femmes qui le subissent et qui ne mettent pas le pied sur le frein, un quotidien rythmé par la fatigue et le stress permanent. Une pression  en continue  qui prend finalement le dessus sur leur épanouissement en tant qu’individu, mais aussi en tant que conjointe, les réduisant presque à des automates.

Un quotidien, qui à force d’être banalisé, parait normal

Désignée par certains comme un travail « invisible» , par d’autres comme le syndrome de la femme épuisé qui doit impérativement penser et prévoir tout, la charge mentale est le résultat d’une accumulation de stress et d’anxiété qui peut avoir des conséquences fâcheuses pour le couple et pour la famille de façon générale, si rien n’est fait à temps pour la stopper.. Cette expression que l’on semble découvrir depuis peu et désormais inscrite dans le dictionnaire, est pourtant le quotidien de nombreuses  femmes  à travers le monde. Le fait de devoir penser à tout, mener de front sa vie de femme, d’épouse et de maman. Un quotidien en perpétuel ébullition qui à force d’être banalisé parait normal. Alors qu’il n’en est rien!

 

Sur les réseaux sociaux, les femmes sont de plus en plus nombreuses à exprimer leur ras-le-bol quand à devoir s’occuper de tout. La bulle éclate car elles ont pris conscience que les menus actions quotidiennes  à répétition qui semblent anodines prennent une part considérable de leurs réflexions, à défaut tout simplement de totalement l’occuper, occasionnant une source de fatigue qui, en devenant chronique, handicape fortement leur vie de tous les jours. 

Les appels à l’aide en sourdine auprès de leur conjoint au lieu de leur permettre de souffler un tant soi peu se soldent en une culpabilité qu’on leur jette à la figure. Conjoint ou compagnon se décharge ainsi avec l’excuse passe partout : «il fallait me demander de l’aide». Sans plus!


Les planches, pour dénoncer par le rire

Utilisant l’humour et l’autodérision pour mieux faire passer le message, des femmes s’attaquent à ce phénomène à travers leurs planches. Des séries de bandes dessinées  tournent ainsi en dérision ce mal pour mieux le couper par la racine afin d’inviter à un véritable changement de comportements.   Les auteures mettent ainsi à nu la souffrance des femmes et l’attitude machiste des hommes qui attendent souvent que tout explose pour enfin agir et participer comme il se doit à la vie de la famille.

Pour sortir de ce carcan, diagnostiquer le mal et partager les responsabilités peut apporter un début de solution. Prendre du temps pour soi peut aussi permettre d’envisager les choses autrement en déléguant, notamment, les tâches aux autres membres de la famille et en privilégiant la communication pour fixer les règles du vivre ensemble au sein de la famille. 

Par un tel processus donc, s’entame une déconstruction des clichés réducteurs de la femme superwoman, capable de jongler entre sa vie professionnelle, personnelle, ses activités et la gestion irréprochable du foyer. Pour se soulager de cette charge mentale, qui s’avère aussi être un signe de souffrance intérieure souvent refoulée par la femme,  il faut forcément reconsidérer ses habitudes, apprendre à déléguer un peu plus aux enfants (le fait de faire son lit par exemple, ranger sa chambre…), s’organiser à deux et essayer d’anticiper quand on le peut. Mais surtout et c’est primordiale, partager les responsabilités avec le conjoint qui doit lui aussi s’investir sans qu’on en fasse, forcément, la demande.

 

Un message pour les jeunes garçons appelés à devenir de futurs chefs de famille.  Car c’est à nous femmes d’éduquer nos fils dans le sens du partage  des tâches domestiques  et de ne pas cantonner telle ou telle tâche exclusivement à la femme. Une énième responsabilité à endosser avec tact pour changer définitivement le regard porté sur la femme.



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