L’afrique de l’ouest est-elle en passe de devenir un nid à coups d’État? Un terrain de jeux et d’enjeux, de règlements de comptes aussi, où un semblant de préoccupation de l’intérêt du peuple n’est émis, finalement, que pour faire bonne figure auprès de lui.   Les intérêts des puissances étrangères d’un côté, le tâtonnement des putschistes de l’autre et,  entre les deux, les populations à qui on ne demande absolument rien d’autre que de laisser faire et de se laisser faire. Mais jusqu’à quand?

Une sorte de jeu de dupes où ce ne sont pas toujours forcément les plus intelligents qui font la mise. Seulement, le langage des armes se croit investi d’une toute puissance qui semble lui donner le droit de décider pour le grand nombre, sans qu’aucune demande ne soit formulée, explicitement, dans ce sens.

Après le Mali, la Guinée, le Tchad, c’est au tour du Burkina Faso de se faire prendre par les armes. On a beau ne pas être du côté de gouvernants qui fricotent avec « l’ennemie », on n’en comprendra pour autant pas cette propension à prendre les armes pour déloger ceux qui, quelque soit la gestion qu’il font de la chose publique, ont été élus démocratiquement. Les actes posés grâce aux armes auraient peut-être eu raison d’être et encore, si on arrivait à voir une solution, une sortie de crise, l’avènement d’une nouvelle ère qui donne tous ces droits au peuple et rien qu’au peuple.

Ce qui se passe en Afrique de l’Ouest ne rassure guère quant à la stabilité dans la sous région et la sécurité des pays concernés, cernés aussi  par la menace terroriste.

Il est bien beau de prendre les armes pour se substituer au pouvoir qu’on critique, mais il serait plus pertinent d’avoir une feuille de route réalisable pour ne pas patauger dans les mêmes erreurs qu’on dit chercher à combattre.

Que ce soit en Guinée, au Mali, au Tchad  et, plus récemment, au Burkina Faso, aucune porte de sortie et surtout, aucun retour au pouvoir civil, pour le moment,  ne semble se profiler à l’horizon pour les putschistes qui, comme leurs prédécesseurs « démocrates », semblent vouloir s’éterniser au pouvoir.

La solidarité d’une partie des populations, qui entrevoit derrière cette « victimisation », que mette en place les militaires pour ne pas quitter le pouvoir une lutte contre l’ancien colon, ne doit en rien occulter la véritable question à savoir:  qu’apportent démocratiquement et, surtout, économiquement les militaires lorsqu’ils prennent le pouvoir? C’est ce qui doit logiquement importer plus que tous ces discours de circonstances qui embrouillent à dessein les pistes et détournent des vraies attentes du peuple.

Oui, il est bon de vouloir le changement, mais il faut qu’il se traduise par des actes forts.  Car,  si les putschistes ne posent aucun acte concret qui puisse changer la destinée des peuples, c’est qu’ils n’auront rien fait d’autre qu’enliser les pays dans l’insécurité et le recul démocratique, quelque soit la critique qu’on fera de cette démocratie imposée ou non.

 

Eux aussi, finalement, auront, lamentablement, échoués!

 

La Rédaction

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