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En écoutant Fatou Diom nous parler de son dernier ouvrage: Marianne face aux faussaires. Peut-on devenir français?, je retiens surtout cette réflexion lourde de sens qu’elle a prononcé: « trouver les humains de qualité (qui) existent partout. » Un travail de fourmi dans une société – où tout participe à les enfouir- minée par la victimisation, la haine, la peur de l’autre attisée, nourri par ceux qui étaient censés la mettre en veilleuse.  

 

Mais réécouter l’écrivaine franco-sénégalaise qui ne trouve son accomplissement que dans ce « trait d’union » qui relie ces deux réalités, nous montre aussi donc que tout n’est certainement pas perdu, malgré cette haine érigée de plus en plus en bouclier contre les « mauvais » réfugiés venus d’ailleurs. On soupèse les douleurs, on les compare, les mesures pour fragmenter les urgences alors que tout le monde reste logé à la même enseigne: déplacés de guerre, réfugiés, migrants, les noms peuvent changer, mais le vécu et la réalité restent identiques.

 

C’est par ailleurs, déjà perdre son humanité phagocyté par la haine, que de croire que chez des individus atteints des mêmes maux, souffrant des mêmes séquelles parfois physiques, toujours psychologiques et morales, qu’il puisse y avoir des degrés de douleurs. En fin de compte, qu’auraient de plus, en termes de destruction, les réfugiés ukrainiens? Rien, absolument rien de plus que toute cette masse victime de désolation. 

 

Si on se serait permis de les mettre sur la balance -ce que nous interdit toute morale et conscience-, on se serait rendu compte que les réfugiés et migrants  africains, afghans, syriens, irakiens… victimes de racisme en plus, doivent rajouter à cette perte de leur vie, le besoin sans cesse de se justifier et de justifier une situation qui échappe aux mots, et que l’on vit de la même manière. Quelque soit sa position géographique, que l’on soit dans une partie de l’Europe,  de l’Afrique, du Moyen-Orient ou d’Asie: un réfugié reste un réfugié. Point barre!

 

Les bombes qui s’abattent, aujourd’hui, sur l’Ukraine sont les mêmes que ceux qui se sont abattues et  continuent de s’abattre sur la Syrie, sur l’Irak, dans chaque zone de guerre, dans chaque parcelle de terre, dans chaque parcelle de vie volée, violée, emportée par la folie dévastatrice et l’ouragan de la haine, d’où qu’ils puissent provenir.

 

La folie des extrêmes, la haine farouche de l’autre, le racisme contre tout ce qui est différent et qui n’émane que d’une infime partie de la population doivent-il vraiment prendre le dessus sur la masse ouverte à l’autre, éprise de paix et de justice, d’entraide et de respect de l’autre? Une masse qu’on s’évertue à rendre silencieuse alors qu’elle ne veut que crier à la face du monde son désir de vivre dans une société où les différences de cultes, de peaux, d’opinions, ne seront plus une tare, mais une richesse.

 

Les médias jouent un rôle déterminant dans cette propagation de la haine. Qui invite-t-on sur les plateaux télé ? Personne d’autre que les distilleures de haine qui semblent avoir le vent en poupe, inquisiteurs des temps modernes qui décident qui mettre sur le bûcher ardent de la haine et de l’opportunisme. Car c’est ce dont il s’agit véritablement! La crise migratoire ukrainienne aura le mérite de faire tomber les masques et de montrer l’inculture « d’intellectuels » de circonstances qui n’ont finalement pour mérite que de crier plus fort que les autres. 

 

Le procès fait ouvertement aux réfugiés non européens est une honte et une masturbation intellectuelle qui nous replonge dans l’esprit des ténèbres.

 

Ne perdons jamais de vue que le propre de la haine est de détruire tout sur son passage: haineux comme haïs.

 

La Redaction



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