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Portrait d’une artiste : OMG

par La Rédaction

Difficile de passer à côté de ce phénomène de la nouvelle scène de la musique sénégalaise. Elle a le flow, le groove et surtout du talent. Elle, c’est OMG, Oumy Gueye, de son vrai nom, fait partie de cette nouvelle génération de jeunes artistes, qui ont su insuffler un vent de fraîcheur à la musique sénégalaise. Elle n’a pas d’obstacles, pas de limites pour explorer les genres musicaux du monde, avec une bonne dose d’audace, ce qui fait son succès.Allant du rap au RnB, en passant par le pop et le mbalax, elle bouscule les codes de la scène musicale sénégalaise et fait tomber les barrières, pour explorer le monde musical avec beaucoup de feeling. OMG impose son style moderne mais bien ancrée dans les traditions, elle fait un joli trait d’union entre les musiques du Sénégal, de l’Afrique et du monde. Une femme qui s’affirme et s’assume. une femme qui sait ce qu’elle vaut et ce qu’elle veut. La nouvelle  reinede la musique sénégalaise nous ouvre les portes de chez elle, le temps d’un entretien.

Si vous deviez vous présenter, vous nous diriez quoi?

Je m’appelle Oumy GUEYE, plus connue sous le nom de OMG. Je suis léboue, originaire de Bargny, dans la banlieue de Dakar. Artiste chanteuse, rappeuse, j’ai commencé la musique en 2013 avec le single “Hey Girls”.  Depuis, j’ai sorti deux EP, FEEM et ZIK 2 FAM,  mais également plusieurs autres singles et vidéos. J’ai eu de nombreuses  distinctions comme le Awards du meilleur artiste féminin trois années de suite: 2017, 2018 et 2019 au Galsen Hip-Hop Awards. En 2019, j’ai remporté aussi le Awards de la meilleure chanteuse au Raaya Musique Awards. A côté de mon travail d’artiste, j’ai une licence en Communication et journalisme. J’ai mis en place une agence d’événementiel et de production musicale, “FEM’ART”, qui est là pour aider les femmes dans leur carrière musicale.

OMG fait du rap, du mbalax, bref tous les styles. D’où vous vient cette polyvalence vocale et musicale?

Cette polyvalence  a toujours été là. Depuis toute petite, je chante sous  l’influence de ma grande-soeur. J’ai découvert le rap à mon adolescence. J’ai  aimé ce style musical, je l’ai  développé chez moi, en reprenant des chansons.J’explore aussi d’autres univers musicaux. Pour moi,  il est important de développer, de diversifier son talent, d’aller au-delà de ce que l’on peut faire. C’est ce qui explique cette polyvalence. Ce sont des défis et j’adore les relever. On a une identité musicale, son style mais cela n’empêche pas d’aller voir d’autres sonorités.

Mon style à moi, c’est le rap, Rnb, pop. Je fais du rap-mbalax, salsa, reggaeton, mais tout est question de feeling, de challenge,  et d’envie de faire quelque chose de différent à chaque fois.

Si vous faisiez un petit bilan de ces dernières années, que diriez-vous?

Le bilan est très positif.  C’est vrai qu’au début c’était difficile, mais quand on sait gérer sa carrière, être patient et avoir un plan de carrière à long terme, on y arrive.J’ai plus de visibilité maintenant et ma musique va au-delà du Sénégal. C’était cela, un de mes objectifs.Aujourd’hui, on est entrain de conquérir le marché africain et les résultats sont positifs. On espère que cela va continuer.

On vous sent très impliquée dans votre musique, mais aussi dans la réalisation de vos clips, de vos chorégraphies. Est-ce lié à un besoin de tout maîtriser, de tout contrôler, d’atteindre une certaine perfection?

Non, ce n’est pas un besoin de tout contrôler mais, pour moi, aujourd’hui, l’image d’un artiste est très importante. Et cette image, il faut savoir bien la développer, bien la cultiver. Cela doit se refléter dans  les vidéos, les chorégraphies, les chansons et même dans la manière de s’habiller. On n’invente pas son image, évidemment, mais il  est très important  de savoir ce que l’on en fait. Je montre ma personnalité. Maintenant on peut toujours  l’améliorer mais cela doit être sincère. Avec l’équipe, on prend le temps de faire les clips dans les moindres détails ( chorégraphie, habillement, coiffure, décor) et c’est beaucoup de travail, mais il le faut parce que l’on est jugé à travers cette image aussi, et c’est une partie intégrante de notre métier.

Comment vivez-vous la situation sanitaire très difficile, aujourd’hui?

C’est une période difficile. Cela fait sept mois que les artistes ne travaillent pas.Le gouvernement a interdit toute manifestation et on le vit très mal.C’est un peu moins dur pour moi dans la mesure où j’ai d’autres activités à côté qui me permettent d’avoir des revenus. Mais j’espère que ce sera bientôt fini et qu’on va reprendre nos activités comme avant.

La pandémie a révélé de manière flagrante les difficultés  que rencontrent  les artistes pour vivre de leur art. Quelles seraient, pour vous, les solutions pour régler ce problème?

Aujourd’hui, je crois qu’on a compris qu’il faut qu’on s’organise autrement et sortir de l’informel. Heureusement, le projet de loi sur le statut de l’artiste  a été adopté en conseil des ministres, dernièrement. Cela permettra aux professionnels de la culture de bénéficier des avantages que le code du travail octroie aux autres métiers,  la protection sociale, la protection contre les risques. Les artistes pourront  mieux vivre et faire face aux difficultés de la vie comme cette pandémie.Il faut aussi investir, développer d’autres activités parallèles. Ainsi on aura des revenus pour pouvoir faire face en cas de problème dans sa vie. On est entrain de se battre, de s’organiser pour sortir de ce système informel. Il faut qu’on soit plus professionnel, mieux organisé pour ne plus être dépendant de quelqu’un ou de l’Etat.

Est-ce facile de se faire sa place, en tant que femme,  dans le milieu musciale ?

C’est un secteur déjà difficile, mais ça l’est encore plus pour les femmes dans la mesure où, dans les instances de décisions, on est sous représenté. Mais on s’organise. Par exemple, dans la culture urbaine, on a une association qui s’appelle “Genji hip-hop” qui regroupe les rappeuses, slameuses, managers, photographes… toutes des femmes. L’objectif est de s’entraider, d’avoir accès plus facilement à des structures, et beaucoup de choses. On a créé un festival qui permet  à toutes ces femmes de s’exprimer. On sait que dans les concerts, les événements, on voit peu de femmes. On met en place aussi des formations en djing, en écriture etc.Il y a des structures comme la mienne qui sont là pour soutenir les femmes dans leur carrière musicale. On favorise un peu plus les femmes, pour changer un peu les choses.

Comment OMG envisage les 10 prochaines années à venir? Vous vous voyez où?

Dans 10 ans, j’espère déjà atteindre les objectifs que je me suis fixée pour mon plan de carrière. A savoir que ma musique soit écoutée un peu partout dans le monde et que je représente dignement le Sénégal. Devenir une très grande productrice de musique aussi, pour aider d’autres jeunes filles à réaliser leurs rêves.

Vous procurez de la joie à travers votre musique. Quel message pour ces personnes qui vous suivent, surtout nos lecteurs?

Alors à toutes ces personnes , je vais d’abord leur dire un grand merci. Si j’en suis là, si je suis OMG, aujourd’hui, c’est grâce à vous. Que ma musique vous accompagne, vous aide à voyager, vous permet de vous détendre, me rend heureuse. Je vous remercie pour tout.

Quels conseils donneriez-vous aux femmes immigrées, expatriées?

Pour les femmes immigrées, il faut continuer à se battre. Ce n’est pas facile d’être loin de chez soi, d’être loin de sa famille. Il faut se donner à fond. Il faut savoir ce que l’on veut et également conserver nos valeurs en tant que femmes sénégalaises, africaines, et croire en nous.

Aissata Sow Mercereau

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