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Portrait: Hawa Magassa, assistante sociale scolaire

Engagée par amour des enfants

Elle est ce qu’on peut appeler une passionnée! Un cœur bouillonnant de bienfaits qui se dépense sans compter pour les chérubins! Aucun doute possible là-dessus: les enfants sont un amour pour Hawa Magassa. Sans exception! Leur consacrer son temps, une évidence donc, au-delà de sa vocation pour un métier qui lui permet d’être la jonction entre élèves, parents et éducateurs.

 

La jeune femme à la voix imposante est assistane sociale scolaire depuis quelques années déjà. Une profession assez délicate, aux sujets souvent sensibles, mais qui n’entame en rien sa détermination à s’engager pour le bien être des adolescents dont elle a la charge. « Mon métier consiste à assurer la protection des mineurs en danger et à mettre en place toutes les actions nécessaires afin de permettre la réussite scolaire de tous les élèves. Je suis présente pour les élèves, leurs familles et la communauté éducative. »

 

Ses premiers amours n’ont, pourtant, rien à voir avec le social. Tout était de l’ordre du gain.

Sans états d’âme! Dans une autre vie, Hawa était chargée de clientèle dans une banque. Un métier aux antipodes de ses principes de vie. On lui demandait de vendre « des produits financiers à des familles qui n’en avaient même pas les moyens ». Elle cherchait juste à mettre ses compétences au service des personnes. Sans rien attendre en retour.

Un domaine d’activité jonché d’embûches qu’elle a su apprivoiser

Le social, un domaine d’activité jonché d’embûches, certes, mais qu’elle affectionne plus que tout. Suivre les enfants, les aider et s’assurer que tout va au mieux pour eux à l’école et au sein de leur famille, rythme inlassablement ses journées, depuis que cette férue des balades en forêt a tout plaqué pour se consacrer uniquement à eux.

Entre faire le point au quotidien pour les deux établissements dont elle a la charge, les réunions de suivi des élèves, la réception de ses derniers, les réponses aux mails, Mme Magassa est une touche à tout, aux journées bien chargées. La quarantenaire qui se donne à fond dans son travail est une boule d’énergie qui refuse d’être scotchée à son bureau. « Je prends un temps pour les écrits administratifs ou de protection des mineurs. J’accompagne parfois les élèves au sein des différentes structures partenaires. » Sur le terrain, elle se dépense sans relâche!

L’amour du métier, allié à l’envie de bien faire et surtout de voir les enfants s’épanouir sont des booster indéfectibles pour cette divorcée qui ne semble jamais poser le pied sur le frein. Elle confie: « Parfois, je rentre chez moi et je pense aux situations difficiles auxquelles j’ai été confrontée. Mon travail impacte des fois sur ma vie familiale puisque parfois je suis obligé de laisser mon numéro en urgence,

lorsque je sais qu’il y a une situation compliquée ou que ça va être compliqué pendant les vacances, etc. »

Très émotive sur les bords, cette mère de deux enfants qui joue en terrain connu arrive, cependant à faire la part des choses. De ses cinq années passées en milieu hospitalier dans des services assez durs émotionnellement, elle en a gardé une force qui lui permet d’avancer, même s’il est vrai que se détacher totalement est un combat de tous les jours: » J’essai le plus possible de faire une réelle séparation, c’est-à-dire que quand je sors du travail, j’endosse mon rôle de maman et c’est ma famille qui compte. Mais vous aurez compris que travailler avec de l’humain, ce n’est pas toujours facile. »

Un dévouement qui conduit cette mère poule à travailler à temps partiel afin surtout de pouvoir prendre soin de ses enfants, les récupérer à la sortie de l’école et « se consacrer à eux » durant les vacances.

S’appuyant sur son expérience, elle mesure le combat de toutes ces femmes seules ou divorcées soumises aux regards d’une société accusatrice qui, en les jugeant, ne leur pardonne rien. Battant en brèche tous ces clichés, elle se bat pour une implication des pères dans l’éducation de leurs enfants et le droit pour les femmes d’exiger pleinement cette implication qui fait défaut, surtout dans la communauté africaine.

D’une voix calme et posée, elle s’insurge contre tant d’injustice: « Souvent, quand il y a divorce, on laisse le papa faire ce qu’il veut. Je travaille avec des familles africaines et je vois que les papas sont invisibles. Ils ne sont pas assez présents dans l’éducation des enfants et c’est ce que je veux combattre. » Un combat pour que les femmes prennent du temps pour elles. Pour que, finalement,elles ne s’oublient plus. Hawa Magassa, elle, a trouvé sa voie dans la peinture et le shopping, pour s’évader à son aise.

La culture africaine, une plue value pour son expertise

Panafricaniste par héritage paternel, la jeune femme aux origines maliennes qui est née et a grandi en France reste attaché à la culture africaine qu’elle a très tôt appris à connaître. D’ailleurs face au racisme, elle adopte la vision rationnelle de son père en prenant le choix de l’information pour mieux le combattre. « En tant que femme noire née en France, j’ai fait face au racisme dès le plus jeune âge. Je pense que dès le jeune âge, il ne faut pas mentir aux enfants en leur faisant croire que tout est beau et rose car ce qui fait mal c’est quand on subit du racisme et qu’on est pas prévenu qu’il existe. »

Elle refuse d’ailleurs de s’attarder sur toute cette négativité, préférant mettre en avant l’atout des femmes de la Diaspora, leur puissance qui doit les conforter dans leur position privilégiée: « Les femmes de la Diaspora sont tellement belles, fortes, puissantes qu’on essaie de leur faire croire le contraire. Ne laisser pas la société occidentale ou africaine dire que la femme africaine est un second choix. »

Une ressource considérable qui peut faire la différence si tant est qu’elles refusent de se fixer des limites qui n’existent, pour elle, que dans leur tête.

Car de sa différence culturelle, Hawa Magassa en fait une force, surtout dans son travail. « J’ai trouvé ma.place et je dirai même qu’en tant que femme africaine assistante sociale, j’apporte une expertise

du fait de ma connaissance des structures familiales africaines qui peuvent paraître parfois compliquées pour des personnes qui ne les connaissent pas de l’intérieur. »

Une plue value dont la jeune femme fait également profiter ses collègues lorsque surviennent des incomprehensions. Elle poursuit: « Il arrive parfois que des collègues me sollicitent car elles sont en difficulté avec des familles africaines et demandent mon expertise pour savoir comment aborder ces familles(…) Il faut mettre en avant cette expertise particulière du fait qu’on a une connaissance un petit peu plus poussée des rôles qui sont dans ces familles, des choses qui peuvent être mal interprétées. »

Une reconnaissance de ses pairs qui conforte cette passionnée des repas en famille dans son choix d’être encore et toujours au service de l’humain. Une chance inespérée, dans un monde où l’on ne se focalise, désormais, plus que sur son nombril!

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