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QUAND LE DISCOURS POLITIQUE HAINEUX SE VEUT LE SEUL DISCOURS AUDIBLE EN FRANCE

par La Rédaction

On ne saurait faire l’impasse sur cet épisode mouvementé du weekend dernier, encore mois sur toutes ces dérives qui suspendent l’épée de Damoclès sur la tête de la société française cernée, de toutes parts, par la haine, la calomnie, la peur de la différence, sous fond de théories les unes plus folles que les autres. 

« Non au racisme »,  le slogan initié par SOS racisme ne plaît pas à tout le monde, au point qu’au meeting controversé du polémiste Éric Zemmour, 12 manifestants de SOS racisme qui portaient des tee shirt mentionnant « non au racisme » ont été pris à partie par les ultra-droite. Ni les contrôles d’identité à l’entrée, encore moins la saisie des objets potentiellement dangereux, n’aura suffi à faire taire la soif de violence des militants d’extrême droite. Des coups et  chaises qui s’abattent sur les militants antiracistes, une femme au visage ensanglanté agressée dans l’indifférence de la droite qui crie à la « provocation », des hommes à terre pris à partie par des militants déchaînés, des journalistes du Quotidien et de Mediapart chassés du meeting. Les images qui sont passées en boucle à la télévision témoignent de la violence extrême des attaques.

Sans être vraiment inquiétés, les variantes de la haine raciale circulent, au nom d’une certaine liberté qui cherche, pourtant,  à en anéantir d’autres. Les images propagandistes « fournies par l’équipe de communication » (France 2) du candidat Zemmour et, qui montrent des militants « nombreux conquis » à la cause du polémiste, pourraient faire croire que la France n’est peuplée que de haineux prêts à en découdre avec la différence. Il n’en est rien! Une certaine France, qui comprend la richesse de la différence, mais à qui on ne donne pas souvent la parole, existe, malgré le cloisonnement qu’on veut nous imposer comme unique option. 

Les derniers événements politiques, émaillés par les violences inouïes à Villepinte, devraient donc faire réfléchir quant à la place de la haine et des discours haineux dans le paysage politique français qui ne saurait en aucune façon être seul représentatif de la société française dans sa totalité. 

Le candidat de l’extrême droite, connu pour son discours raciste et son intolérance à l’endroit de tout ce qui ne colle pas à son idéologie de la haine, a beau vouloir inverser la tendance et parler de ses « origines méditerranée » pour montrer qu’il n’est pas raciste, la réalité des faits le contredit. Il aura aussi beau mettre un homme noir derrière lui, agitant énergiquement un drapeau, pour montrer qu’il y a des noirs acquis á sa cause dans ses rangs, qu’on ne peut s’empêcher de décocher un rire jaune contre toute cette mise en scène grotesque.

Dans cette course aux voix,  la peur et la haine sont le liant qui semblent fédérer racistes convaincus, désillusionnés, haineux de tous bords qui pensent que l’autre est forcément la source de tous leurs problèmes.  Un discours du bouc émissaire qui vise à monter, stratégiquement,  une partie de la société contre l’autre. Hors, la minorité bruyante et bouillonnante de haine ne saurait en aucune façon prendre le dessus sur toute cette majorité d’hommes et femmes qui aspirent à vivre sereinement dans une société du vivre ensemble.

Cette première sortie publique de Zemmour après sa déclaration de candidature est inquiétante et présage d’une campagne émaillée de violence.   Mais quand on a que l’identité et l’immigration comme sujet de prédilection au lieu de parler des véritables problèmes entravant le pays, l’éléphant ne peut accoucher que d’une souris.  La réaction virulente des pro Zemmour  est le reflet de cette France  minoritaire foncièrement  raciste qui cherche, coûte que coûte, à jouer sur les peurs.

Malgré tout ce qu’on peut lui reprocher, Mélenchon a raison de le crier: « la France n’est pas l’extrême droite ». 

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La Rédaction

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