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Santé: La dépigmentation chez la femme noire, un vrai fléau érigé en critère de beauté.

C’est le mois de la femme, alors il nous a semblé opportun de parler d’un sujet qui renvoie à l’acceptation de soi et au développement personnel: la dépigmentation !

Si la dangerosité de ces produits ne sont plus à démontrer et leur usage qui traduit un certain complexe vis-à-vis de la peau claire aussi, la pratique de la dépigmentation à toujours le vent en poupe malgré la prise de mesures pour l’éradiquer. Et certains poussent même le vice jusqu’à vouloir dépigmenter les nourrissons!!!

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Origines

 

Selon les travaux qui y ont été consacrés jusqu’ici, les débuts de la dépigmentation se situent, pour l’Afrique, autour des années 1960.

Selon l’ONG Lutte contre la dépigmentation de la peau basée au Gabon : “le pouvoir du blanchiment de la peau, par une substance appelée hydroquinone fut découvert dans les années 60 aux Etats-Unis par des Afro-Américains. Ce sont des ouvriers noirs qui travaillaient dans le domaine du textile et du caoutchouc qui, quotidiennement, étaient en contact avec l’hydroquinone, substance que l’on utilise pour le délavage de jeans et également comme un antioxydant sur le caoutchouc. Cette même substance chimique est utilisée dans la peinture et l’huile. Travaillant sans protection, ils ont constaté à la longue l’effet blanchissant que ce produit toxique avait sur eux. C’est ainsi, qu’est née la dépigmentation intentionnelle de la peau qui se propagea dans la communauté noire et le continent africain ne fut que la cible privilégiée. »

 

C’est quoi et pourquoi ?

 

Selon les contrés, la pratique revêt différentes appellations. Au Sénégal, on le nomme le “xessal” qui signifie littéralement “blanchir”, au Cameroun le “maquillage ou décapage”, au Mali on parle de “tcha-tcho”, “bojou« , au Bénin, “akonti” au Togo, “dorot” au Niger, “kobwakana” dans les deux Congo ou encore “kopakol” au Gabon.

Par définition, la dépigmentation est l’usage de produits dans le but de s’éclaircir la peau. Elle consiste en la destruction de pigments appelés mélanines. Ces pigments confèrent la couleur noire à la peau et la protègent contre les rayons solaires et les cancers. 

 

Pendant longtemps, les actrices, présentatrices télé au teint clair sont plébiscitées et occupent le devant de la scène. Ce qui a conduit beaucoup de femmes à s’adonner à la dépigmentation pour obtenir des postes.

La pratique est aussi malheureusement cautionnée par un certain diktat qui fait que la société respecte et considère plus les femmes au teint clair. Il n’est pas rare de voir, dans certaines familles, des femmes poussées à la pratique de la dépigmentation par leur entourage. Et par peur de passer pour celles qui ont le “teint sale”, celles qui ne trouveront jamais de mari, elles s’y adonnent sans en mesurer les conséquences par mimétisme et abîment ainsi leurs peaux ébènes.

Il faut noter aussi que la dépigmentation est présente aussi au sein de la gente masculine.

Un vrai problème de santé publique et ses conséquences

 

Les conséquences sont doubles : locales (sur la peau) et sur la santé en général.

En application régulière et sur le long terme, les produits dépigmentants conduisent au vieillissement prématuré de la peau. L’éclaircissement s’obtient en inhibant les cellules pigmentaires, ce qui conduit à des dégradations irréversibles de la peau car la mélanine qui donne la peau noire est ainsi abîmée.

 

En effet, en inhibant la production de la mélanine, la peau perd sa protection naturelle contre les rayons du soleil; ce qui l’expose plus facilement à certains types de cancers. La peau peut aussi s’amincir, laissant apparaître des taches foncées ou des vergetures définitives qui sont dues à la destruction des fibres élastiques de la peau. Il y a aussi les allergies et les brûlures qui donnent à la peau un aspect de peau de crocodile brûlé! La peau ainsi fragilisée ne facilite pas les interventions chirurgicales, et quel désastre quand il faut faire une césarienne! 

 

D’autres effets secondaires sont à noter, notamment l’ochronose, une pigmentation bleuâtre ou noirâtre de la peau.

Quant aux conséquences générales, ce sont surtout les effets secondaires des corticoïdes injectables. Ces produits qui sont directement envoyés dans le sang entraînent l’hypertension, le diabète, les cancers de la peau, les insuffisances rénales, la perturbation du cycle menstruel, le risque de mettre au monde un enfant dont la croissance sera très lente, les problèmes osseux parce que les corticoïdes empêchent la consolidation des articulations, la cécité.

 

Le danger en est que ces conséquences ne se voient pas dès les premiers temps de l’utilisation. C’est un long processus qui s’installe progressivement et détruit la personne à petit feu.

Interdite en France, les pays africains aussi sont dans la dynamique d’inciter la population à abandonner cette pratique.

 

Au Sénégal par exemple, il y a une interdiction émanant du Conseil national de régulation de l’audiovisuel du passage de messages publicitaires sur des produits dépigmentant dans les médias.

 

Aujourd’hui, un grand vent de retour aux sources souffle sur de nombreuses sociétés africaines et de la diaspora afin de se départir de certaines pratiques au sein des communautés afro telles que le défrisage des cheveux ou la dépigmentation. L’acceptation de notre identité culturelle permettra d’arrêter le sacrifice de la santé.

 

Femmes, faites ressortir votre beauté intérieure et soyez fière de votre couleur de peau!

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