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ZOOM……SUR : DIARIATA N’DIAYE. créatrice de l’application App-Elles

par Mame Saye Diop

DIARIATA N'DIAYE, créatrice de l’application App-Elles pour lutter contre les violences faites aux femmes.

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"C'est vraiment notre expertise qui fait la différence. On a pensé à toutes les situations et, en aucun moment, l’outil ne peut se retourner contre la victime."

Une boule d’énergie qui ne compte pas ses heures lorsqu’il est question de travail! Diariata N’diaye, fondatrice de l’Association Résonantes et créatrice de l’application App-Elles pour lutter contre les violences faites aux femmes, en impose par son franc-parler et sa volonté infaillible de se surpasser. Créée en 2015, l’application App-Elles  est une première, autant dans son mode de fonctionnement que dans ses fonctionnalités. L’outil technologique se met au service des victimes et de leurs proches pour que celles qui sont emprisonnées dans les geôles de la terreur et des violences hument enfin la liberté.  

Dans ce tête-à-tête, cette artiste qui se définit comme une activiste revient sur l’application qui révolutionne la prise en charge des victimes de violences à travers une responsabilisation beaucoup plus accrue de leurs proches. 

Entretien……..

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Mettre la victime au centre de l’application, tout en donnant un rôle aux proches

Qui se cache derrière la créatrice de App-Elles?

Je suis Diariata Ndiaye, fondatrice de l’association Résonantes qui travaille sur la violence sexiste et sexuelle auprès des jeunes publics entre 15-24 ans. Je suis la créatrice de l’application App-Elles qui est une application qui a été pensée pour les femmes victimes de violences et leurs proches. A la base, je suis artiste. J’ai d’ailleurs toujours cette casquette d’artiste, mais j’utilise l’art pour sensibiliser les publics aux violences faites aux femmes. Donc, je me définis comme une activiste.

Qu’est-ce qui vous a motivé à créer l’application App-Elles? Est-ce par expérience directe ou indirecte?

App-Elles  existe depuis 2015. Lorsque je l’ai créé, je suis partie des constats  faits sur le terrain et des problématiques que rencontrent aussi bien les victimes de violences que leurs proches. Ce que j’avais compris, c’est que les victimes de violences, lorsqu’on leur demande d’appeler la police,  ne le font pas pour pleins de raisons : soit parce qu’elles n’en n’ont pas la possibilité, soit parce qu’elles n’ont pas confiance ou n’en n’ont pas envie. Ce que j’avais compris aussi, c’est que lorsqu’on est victime de violences et que l’on a besoin d’aide, généralement, on se tourne plutôt vers des personnes que l’on connaît. 

Donc, l’idée de départ était de répondre à ce problème: comment permettre aux victimes de violences d’appeler à l’aide des proches et de leur donner des informations assez explicites pour permettre à ces derniers de les aider?

L’autre chose que j’avais comprise, c’est qu’il existe plein de solutions et, qu’aussi bien les victimes que leurs proches, ne connaissent pas. Et donc, il fallait centraliser toutes les informations pour permettre aux victimes d’y accéder facilement. 

Une fois que ce constat a été fait, on a pensé l’application App-elles avec différentes fonctionnalités. On en a une qui permet d’enclencher les alertes.  Quand on télécharge l’application, on choisit jusqu’à 3 personnes de confiance qui vont, elles aussi, télécharger l’application et, en cas de difficultés, on peut déclencher l’alerte de différentes façons. Elle peut se faire donc depuis l’appli, depuis la touche one up, depuis un bracelet connecté qu’on a créé depuis quelques années. Une fois que l’alerte est enclenchée, les trois personnes de confiance entendent en direct ce qui se passe. Elles ont le suivi Gps en temps réel et, en comprenant la situation et en sachant où se trouve la victime et en connaissant sa situation, peuvent organiser les secours en soutien à la victime. 

Est-ce que les femmes  font le nécessaire pour bénéficier d’une aide appropriée une fois qu’elles ont téléchargé l’application?

Toutes les alertes qui sont envoyées sont automatiquement enregistrées. Elles vont donc pouvoir récupérer ces audio pour aller déposer plaintes dans les pays qui acceptent les audio comme preuves ou sinon, lorsqu’elles ont peur de ne pas être crues, elles peuvent faire écouter ces audio et dire : «voilà, je suis victime de telles ou telles violences. C’est untel ou un tel l’auteur et j’ai des exemples et des preuves ».  Ceci est la première fonctionnalité. Avec les autres fonctionnalités, on peut appeler directement les associations qui sont présentes autour de chez nous. 

C’est un référencement local. On peut être géo-localisé et trouver des structures physiques dans lesquelles se rendre. Cela peut être des hôpitaux, des gendarmeries et différentes associations. On a également un accès facilité vers de l’information. On a des fiches conseils, d’une part, et de la redirection vers des informations officielles soit par des associations, soit par des gouvernements en accédant  aux sites des gouvernements, d’autre part. Et puis, dans les pays qui ont des Chat, il y a un accès facilité vers ces Chat avec la police, comme c’est le cas en France où on a un Chat disponible 24/24 et 7/7. Donc, l’idée, c’est de centraliser tout cela et de le mettre sur une application pour que toutes les informations qui peuvent être utiles aux victimes de violences et aux proches soient facilement accessibles. 

Est-ce qu’il y a plus de victimes ou plus de témoins  qui téléchargent l’application et qui, par la suite, vous font des retours?

Effectivement, l’idée c’est de mettre la victime au centre de l’application, mais de donner aussi un rôle aux proches parce qu’on sait à quel point c’est difficile d’être le proche d’une victime de violences. Et généralement, on a envie d’aider, on a envie de lui dire de compter sur nous et, là aussi, c’est l’occasion, en se positionnant  en tant que personne de confiance, d’aider concrètement la victime de violence.  

Concernant l’augmentation de l’utilisation de l’application, ce qui est un peu compliqué pour nous à savoir c’est : est-ce que l’application est plus téléchargé, est-ce qu’on a plus de visibilité et que les personne savent désormais mieux que l’application existe où est-ce que les téléchargements  sont liés à l’augmentation des violences ? Et donc, c’est quelque chose qu’on n’arrive pas à savoir. Par contre, au niveau du nombre d’utilisation de l’application, on voit que nos chiffres ont augmenté. On a fait une comparaison pendant le confinement. On a comparé l’utilisation de l’application sur les 8 semaines avant le confinement en France et sur les 8 semaines d’après, c’était très flagrant. Il y a  eu une réelle augmentation du nombre d’alertes déclenchées, du nombre d’appels vers les secours, etc. On a bien senti la différence pour le coup.

Des ambitions internationales. Une expertise confirmée.

Pourquoi une telle augmentation des téléchargements? Est-ce à dire que les violences ont augmenté avec le confinement?

Je pense que l’augmentation de l’utilisation de l’application pendant le confinement est, d’une part, dû au fait que les violences ont augmentées pendant le confinement. Comme dans toutes les situations de crise, on sait que les violences augmentent sur les femmes et les enfants. Et, d’autre part,  la deuxième  réponses pour expliquer cette augmentation c’est aussi  que quand on est confiné avec l’auteur des violences, on ne peut pas prendre son téléphone et appeler directement les secours parce que cela sous-entend qu’il faut prendre le téléphone, composer le numéro de la police, attendre qu’on décroche et parler. Et cela, dans plein de situations, ce n’est pas possible quand on est avec l’auteur des violences. Alors qu’avec l’application App-Elles, on peut enclencher l’alerte discrètement, sans que cela ne se voit et avec l’audio, l’écoute d’ambiance en temps réel. Concrètement, les personnes de confiance entendent tout ce qui se passe et peuvent organiser les secours.

Ce qu’il faut bien comprendre avec les personnes de confiance, c’est ce que ce n’est pas n’importe qui qui décide d’être la personne de confiance de quelqu’un. Quand on télécharge l’application, c’est la victime qui choisit et qui propose à des personnes de son entourage si elles sont d’accord pour être des personnes de confiance. Donc, cela peut aller jusqu’à 3 personnes mais, généralement, les victimes en ont une ou deux. Donc, en réalité, il y a plus de personnes de confiance que d’utilisatrices. On a des témoignages de personnes de confiance qui nous disent : «merci, j’ai pu aider  telle personne dans telle situation». Mais sinon, vraiment, à aucun moment  cela ne sert à rien de télécharger l’application pour être une personne de confiance si on n’a personne autour de soi qui est victime de violences.

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On voit que l’application prend en compte certains pays. Qu’est-ce qui motive le choix de ces pays? Est-ce que vous envisagez d’en faire, à l’avenir, un outil international?

Effectivement, l’application est disponible dans 15 pays dont toute l’Europe, les Etats-Unis, le Canada, le Sénégal, l’Algérie. Je ne les ai pas tous en tête.  Elle est traduite en 6 langues, actuellement. La motivation, c’est  qu’on sait, tout simplement, que les problématiques auxquelles sont confrontées les femmes victimes de violences, qu’elles soient en France ou dans n’importe quel autre pays, sont les mêmes. Donc, le fait de leur permettre d’accéder à toutes ces fonctionnalités, c’est important pour nous. Ce qui a motivé le choix, généralement, c’est soit  le gouvernement d’un de ces pays qui nous a contacté, soit une Ong, soit on avait les financements qui nous ont permis de nous déployer dans tel ou tel pays. 

On a une ambition internationale pour permettre aux françaises de bénéficier des mêmes services peu importe où elles se trouvent, mais aussi pour toutes les femmes victimes de violences  parce que c’est un outil important et qui peut faire la différence.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous avez fait face en créant l’application?

Les difficultés auxquelles j’ai été confronté, c’est qu’en 2015, on a été les premiers à utiliser les nouvelles technologies pour les mettre au service de la lutte contre les violences. Donc, il y avait de la défiance des associations  parce qu’elles n’avaient pas confiance aux nouvelles technologies et qu’elles avaient peur que notre outil ne soit pas fiable ou qu’il puisse être détourné par les auteurs de  violences. Mais nous, c’est vraiment notre expertise qui fait la différence. On a pensé à toutes les situations et en aucun moment l’outil ne  peut se retourner contre la victime.  C’est toujours la victime des violences qui prend les initiatives. C’est elle qui enclenche l’alerte, donc, c’est elle qui partage son audio, sa position Gps. L’inverse n’est pas possible. C’est elle qui choisit les personnes de confiance et donc, c’est elle qui leur envoie une invitation. C’est elle qui prend l’initiative d’appeler les associations, de trouver une structure, de chercher des informations.  A aucun moment, on ne la met en relation avec des inconnus ou des personnes qui ne sont pas professionnels de l’aide aux victimes. 

Donc ça, ce sont toutes les garanties  qu’on apporte. De un, on a eu vraiment beaucoup de difficultés  à convaincre, et de deux à faire financer cet outil parce que la technologie, c’est chère et pour nous, dès le départ, il était hors de question que cette application ne soit pas  disponible gratuitement. Tout le monde peut la télécharger qu’on soit une femme victime de violences, qu’on soit une jeune fille victime de violences, qu’on soit un homme victime de violences. Elle est ouverte à tout le monde gratuitement et sans collecte de données et donc elle préserve l’anonymat des utilisatrices. Ce qui a été donc difficile, c’est de rester droit dans ses valeurs, de créer un outil performant, de trouver les financements pour porter ce projet et de convaincre que la technologie pouvait être mise au service  de la lutte contre les violences.

App-Elles : Entre prévention et garde-fou

Pourquoi avoir choisi de prendre en considération toutes les violences faites aux femmes  au lieu, par exemple, de vous limiter aux violences conjugales qui montent en puissance dernièrement?

L’idée, c’est de répondre le plus largement possible, grâce à un outil que tout le monde a  dans sa poche où son sac. Je ne me voyais pas m’adresser en réalité à un certain type de violences parce que les violences, qu’elles soient dans le cadre du couple, qu’elles soient au travail, qu’elles soient faites par un inconnu dans l’espace public, restent des violences, et cela reste interdit. Il y a des conséquences sur la santé des personnes.  Et il n’y avait aucune raison de faire cette différence-là. Et quitte  à partir sur un travail conséquent,  autant qu’il serve  le plus largement possible. 

En ce qui concerne les témoignages, on a des victimes de violences conjugales qui sont en séparation et qui, dans le cadre  de leur séparation subissent du harcèlement où des menaces. Mais on a vraiment plein d’utilités différentes. On a des personnes  qui s’en servent pour déclencher des alertes. On a des personnes qui s’en servent pour sécuriser leur trajet quand, par exemple, il y a une séparation et qu’il y a des enfants au moment où le  conjoint violent vient récupérer les enfants et au moment où il les dépose. Vu qu’elles sont angoissées et qu’elles ont peur, elles enclenchent des alertes préventives. 

On a des personnes qui ont utilisé l’application pour appeler ou trouver des associations pour enclencher des démarches pour trouver des solutions pour partir, trouver un hébergement, etc. Donc, on a des utilisations diverses. On a beaucoup de personnes qui utilisent l’application, soit parce qu’elles travaillent tôt le matin, soit parce qu’elles travaillent tard le soir et qu’elles sont en insécurité dans l’espace public. 

On a  vraiment de tout et on a même des personnes  qui ont utilisé l’application comme prétexte pour aborder la question des violences. On reçu le témoignage d’une jeune femme qui disait qu’elle a toujours grandie dans  sa famille avec le père qui faisait subir des violences à sa mère et qu’elle lui a fait télécharger l’application App-Elles et donc cela a été surtout un prétexte pour aborder ce sujet qu’elle n’avait jamais abordé. Et grâce à cette discussion, elles ont pu enclenché des démarches et  cela s’est soldé par un divorce et un accès nouveau à la liberté, à la sérénité. 

Vraiment, c’est très compliqué donc de faire un résumé des différents types d’utilisateurs que l’on a, mais on en a de tous âges, pour des raisons différentes. On a des personnes qui utilisent notre application pour leur rendez-vous Tender sur application de rencontre parce qu’elles n’osaient pas aller à leur rendez-vous parce qu’elles avaient peur et elles utilisent App-Elles.

Comment inciter les femmes à beaucoup plus utiliser l’application?  Avez-vous mis en place des campagnes de publicités allant dans ce sens?

Nous lançons une campagne de communication  dans les prochains mois. Là où on a dépensé le plus notre énergie, c’était vraiment d’avoir un outil complet, stable, disponible aussi bien sur Android que sur Iphone. Donc, cela a été la première étape qui nous a pris beaucoup de temps. On travaille sur la communication et puis surtout, on fait tout un travail en lien avec les associations d’aide aux victimes, avec les commissariats, les gendarmeries, les hôpitaux pour faire connaître l’existence de cette application et que pour qu’ils soient des relais auprès des victimes de violences que ses différents professionnels accompagnent.  Donc, on a tout ce travail là qu’on a bien commencé et qu’on doit poursuivre 

Avez-vous noué des partenariats  avec les associations de lutte contre les violences faites aux femmes et les forces de l’ordre dans le cadre de la prise en charge des victimes?

Des contacts qui  viennent d’associations, on en a tous les jours.  On met en place différents dispositifs en lien avec elles. Là je pense qu’on a vraiment passé un cap et que c’est grâce à cette application  qu’elles ont quand même des informations  qui sont très précises pour elles parce qu’elles savent combien d’alertes sont lancées sur le territoire, à qu’elle heure appeler les associations. Même si ces données sont anonymes, ses informations sont très précieuses. Prenons un exemple : si les femmes appellent les associations de 21h à 23h et qu’elles sont toutes fermées, cela sous-entend qu’il faut qu’elles soient plus disponibles sur ses horaires là. 

Donc, on a beaucoup de partenariats en cours et ça se développe de plus en plus et nous,  vraiment depuis le départ l’idée et même le nom de l’association qui s’appelle Résonantes,  c’est de créer un réel réseau. Parce que nous, on crée un outil, mais au final, les victimes de violence  vont être accompagnées par ces professionnels. C’est donc très important qu’on travaille en lien direct avec les professionnels et qu’on les accompagne aussi dans l’utilisation de cet outil.

Avez-vous des projets à moyen et court terme pour l’application (beaucoup plus de paramètres, etc.)?

Cette application évolue très régulièrement. Là, on en est quand même à la cinquième version, mais on ne la fait pas évoluer, histoire de la faire évoluer. C’est juste que quand on est face à de nouvelles problématiques et qu’on peut y répondre grâce à l’application App-Elles, on propose un développement et on le soumet. Toutes les fonctionnalités sont pensées pour répondre aux problématiques des victimes. Donc, quand on se rend compte qu’il y a des problématiques auxquelles on peut répondre grâce à cette appli, on  développe. Et puis, les fonctionnalités répondent déjà à beaucoup de problématiques. 

L’idée c’est vraiment de poursuivre notre  développement au niveau international, d’avoir un référencement le plus complet possible. Là, on est l’outil qui a le plus d’informations au niveau international puisqu’il y a plus de 9000 structures d’aides aux victimes  qui sont référencées et il en existe encore plein d’autres. Et maintenant, on a tout ce travail de faire connaître l’existence  de l’application, poursuivre les partenariats, développer, faire connaître, travailler sur la communication, avoir des alliés pour diffuser largement cet outil. Et puis, on travaille aussi sur un projet secret.

Comment s’est fait le financement de l’application ? Est-ce sur fonds propres  ou avez-vous bénéficié de l’aide de l’Etat ou d’autres organismes?

Pour ce qui est du financement, on est sur une partie de financement public, une petite partie. Ensuite,  ce sont des financements privés, soit de fondations, soit de donateurs.

Y-a-t-il une équipe physique derrière qui suit les victimes, les aide ou les oriente vers des structures appropriées?

Chez Resonantes, on est sept salariés et donc  ce n’est pas par le biais de l’application que les gens peuvent entrer en contact avec nous.  Parmi les sept salariés, il y a l’équipe de développement derrière App-Elles. Nous on reçoit des appels plutôt de jeunes victimes. On poursuit nos échanges avec eux et on les oriente vers les associations d’aide aux victimes. L’association Résonantes ne fait pas  d’aide directe. 

Comment arrivez-vous à concilier vie de famille et ce travail qui demande autant d’investissements?

Le travail de l’association Résonantes demande beaucoup d’énergie. On est un groupe de sept, mais on va s’agrandir. Après, quand on est engagé dans un sujet aussi compliqué, on se débrouille toujours pour s’organiser entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle, surtout que moi, je suis maman de 3 enfants qui ont 6, 7 et 10 ans.  Donc, il est vrai que cela demande de l’organisation, du soutien. Cela demande de ne pas être seule et j’ai la chance d’avoir un conjoint sur lequel je m’appuie fortement.  C’est juste une question d’organisation et puis, effectivement, le fait d’accepter parfois d’être absente ou de ne pas être très efficace dans la réalisation de son travail. Mais on n’est pas des machines  et  c’est quelque chose que j’accepte assez facilement.

Un mot pour les femmes de la diaspora et les lecteurs-rices de Fafa Mag 

Je voudrais m’adresser à toutes les jeunes filles, à toutes les femmes pour leur dire que vous n’êtes pas seules si vous êtes victimes de violences. Vous n’êtes pas les seules à les vivre, malheureusement, mais vous n’êtes pas seules à chercher des solutions. Il existe pleins de personnes qui sont prêtes à vous accompagner, donc je vous souhaite bon courage. Mais le message, c’est que vous n’êtes pas seules.  Et la question des violences ce n’est pas seulement un sujet de femme, c’est un vrai sujet de société et quand on connait l’ampleur des violences, on sait qu’autour de nous, si nous ne sommes pas victime de violences, c’est forcément quelqu’un d’autre autour de nous  et que ce quelqu’un d’autre, il y a un grand risque que ce soit une femme, une jeune femme. Donc, n’hésitez pas à faire de la question des violences, un sujet  désagréable comme les autres et à apporter votre soutien. 

Marie-Henri Cesbron et Mame Saye Diop

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